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Grande première pour la plateforme américaine qui, avec «Queen Sono», entre dans l’univers des séries africaines. Un élément de sa toute nouvelle stratégie d’implantation dont l’achat de contenu local n’est pas le moindre.

Netflix fait un pas de plus vers l’Afrique. Si la plateforme a récemment fait savoir qu’elle projetait d’acheter du contenu local, elle se lance également dans la production de séries africaines. Queen Sono, l’histoire d’un agent secret qui combat la criminalité tout en se battant dans sa vie personnelle, sera donc disponible partout sur le leader mondial de la VoD. Le personnage principal sera interprété par Pearl Thusi, une actrice sud-africaine, star de la série Quantico d’ABC. Le projet, confié au réalisateur Kagiso Lediga qui a déjà dirigé l’actrice dans le film Catching feelings, pourrait bien être le premier d’une longue série. «Cela va changer beaucoup de choses pour les artistes du continent. J’ai hâte que toutes les jeunes femmes, les femmes d’Afrique et de la planète rencontrent Queen Sono. Nous avons travaillé tellement dur pour ça», a-t-elle déclaré dans une vidéo sur Twitter. Erick Barmack, vice-président du contenu original international de Netflix, a assuré être «vraiment excité à l’idée de travailler avec Kagiso et Pearl, de donner vie à l’histoire de Queen Sono», peut-on lire dans un article du site américain spécialisé Deadline. «Nous espérons que le programme sera adopté par nos utilisateurs sud-africains et dans le monde.»

Personnage féminin fort
Un espoir porté donc par Pearl Thusi, une actrice déjà bien connue en Afrique du Sud. Et pas que pour ses talents artistiques. En août 2018, cette native du township de Kwa­Ndengezi, à Durban, a révélé au grand public les violences conjugales dont sa mère a été victime. Dans ce discours qu’elle a tenu lors de la conférence Mer­cury/Unilever pour les femmes à Durban, la star a reconnu que, bien qu’elle ait eu un «père incroyable», il n’était pas un «bon mari». «Tout son entourage avait convaincu ma mère de rester, sauf moi. Je l’ai suppliée de partir jusqu’au jour de sa mort», a-t-elle raconté. Netflix peut donc compter sur «Mamma Panther», le surnom que lui a donné son public, pour incarner ce personnage féminin fort, à l’image d’une Claire Underwood dans House of cards, a affirmé Erick Barmack. Un personnage-clé, donc, qui pourrait bien permettre à la plateforme de VoD de s’implanter sur le continent. Jusqu’ici, la société avait fait savoir qu’elle investirait davantage dans le contenu local. «Le cadre des superproductions américaines est dépassé. Les gens veulent entendre des voix venues du monde entier», avait avoué le dirigeant lors d’un entretien avec le site Ma­shable.fr. Lancée en décembre 2015 en Afrique du Sud, Netflix s’est étendue aux 54 pays du continent en janvier 2016. Le catalogue, pour le moment composé à majorité de programmes internationaux, propose tout de même un certain nombre de productions africaines venues de Nollywood. Une programmation qui pourrait très bientôt être bouleversée. Ted Sarandos, directeur des contenus, avouait récemment à France 24 : «Bien sûr, tout le monde associe l’Afrique à Nollywood et c’est malheureux, car il n’y a pas que ça. Nollywood fait du super travail, mais l’Afrique à beaucoup plus à offrir. Il a plein d’autres story tellers à découvrir.»
Le Point Afrique

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