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Les producteurs de banane affiliés à l’Association des producteurs de la vallée du fleuve  Gambie (Aprovag) ont célébré pour la première édition, la Journée de la banane à Tamba­counda. L’objectif, explique le Sg de l’association, est de partager avec tous les acteurs et les populations, ce qui se passe dans la filière mais aussi de ses opportunités et autres inquiétudes, liées surtout à l’arrivée massive de gros investisseurs dans la filière.

La première édition de la Journée de la banane a vécu le 10 décembre 2019 à Tambacounda. Organisée par l’Association des producteurs de la vallée du fleuve  Gambie (Aprovag) avec comme thème central «L‘agro-écologie, une niche d’opportunités pour l’employabilité des jeunes», la journée a vu la participation de ténors de la filière dont le «roi» lui-même. «Quand on parle de culture d’arachide, l’on pense à la région de Kaolack. Idem pour le coton qui est référencé à la région de Kolda», a laissé entendre Mamadou Omar Sall. Toutefois, précise le «roi» de la filière banane, quand il est évoqué la culture de la banane, c’est Tambacounda qui est au-devant de la scène. Ce qui à son avis, donne tout son sens à la journée. La région participe pour près de 80% dans la production nationale de banane, assure Sall Banana, pour les plus intimes. Il est bon et très normal de dédier une journée à la filière pour mieux pencher sur les défis et autres contraintes à surmonter pour l’atteinte de l’autosuffisance. Cette célébration est aussi une occasion pour l’Aprovag de fêter 31 ans d’existence. Mamadou Ciss, Sg de Aprovag, signifiera que l’arrivée des gros investisseurs qui ont beaucoup plus de moyens est en train de porter un coup dur au secteur. Depuis leur arrivée, explique-t-il, le prix de la banane qui était à 200 francs Cfa est en train de baisser. Aujourd’hui, les productions sont écoulées à 175 francs le kg, au grand dam des producteurs. D’où son appel à une intervention de l’Etat pour régler et réguler le secteur. Autre difficulté évoquée, le conditionnement des produits. Les productions enregistrées par les membres de l’association flirtent avec les 4000 tonnes en ce qui concerne la banane vrac. Cependant, note-t-on, pour la banane conditionnée, c’est-à-dire celle qui a suivi normalement tout le processus de conditionnement, le taux n’est qu’à moins de 10%. Seuls 7% de la production totale de l’association sont conditionnés, s’est désolé le Secrétaire général. Si l’Etat accompagnait davantage la filière en dotant les producteurs de stations de conditionnement en nombre suffisant et en mettant en application ses directives relatives à la mise à disposition des producteurs de terres arables, nul doute que l’autosuffisance sera au rendez-vous. Nous avons la meilleure qualité de la banane. La nôtre est de loin meilleure que celle importée. Seulement, il nous faut encore un accompagnement de l’Etat pour une rapide atteinte de l’autosuffisance en banane. Et cela passera par l’agro-écologie. Pour M. Ciss, l’agro-écologie est la meilleure solution pour permettre aux petits producteurs de survivre. Mieux, ajoute le Sg de l’association des producteurs de banane, elle est une véritable niche d’emplois. L’orientation stratégique de Aprovag est l’agro-écologie, a insisté son Sg. Si elle n’est pas développée, la culture de la banane pourrait en pâtir, estime-t-il.

Hommage à Germaine, une icône de la filière 
Les producteurs n’ont pas seulement organisé la journée pour parler des difficultés et des défis. L’occasion est aussi mise à profit pour célébrer et honorer une icône de la filière. La dame Germaine a été l’absente la plus présente à la cérémonie. Combattante de la cause de la femme et figure de proue de la filière, les producteurs lui ont rendu un hommage mérité. Elle a été celle qui s’est tout le temps battue pour l’accès des femmes à la terre. L’exemplarité de ses exploitations agricoles ont aussi fait d’elle de son vivant, une dame respectée dans le secteur. Aujourd’hui, nous ne pouvions pas célébrer la journée sans avoir une pensée pieuse pour elle. Qu’elle repose en paix, a prié Ciss.

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