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L’Afrique renferme 30% des réserves prouvées de pétrole, mais elle n’est comptable que de 9% de la production mondiale. Des chiffres qui ne rendent pas compte de son poids géopolitique, selon Philippe Copinschi, enseignant chercheur à l’Institut des études politiques de Paris. M. Copinschi a indiqué que pour les grandes compagnies pétrolières actives sur le continent, l’Afrique représente entre le quart et le tiers de leurs activités. Une présence massive que le chercheur explique par le fait que l’Afrique est encore le seul continent où il n’y a pas eu de nationalisation des compagnies pétrolières. En plus de cela, une législation et une fiscalité favorables, ainsi que la proximité avec l’Europe et l’Amérique, expliquent l’engouement des majors. Néan­moins, Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques, note que le marché africain reste «assez faible» même s’il s’agit d’un marché qui a cru de 33% entre 2005 et 2015 pour le pétrole et de 66% pour le gaz. Une consommation faible qui favorise l’exportation, mais qui explique également la rareté des usines de raffinage. «Les marchés nationaux sont trop petits pour justifier la construction de raffineries», précise l’expert en informant que si 9 millions de barils de pétrole sont produits chaque jour sur le continent, seuls 3,5 millions sont raffinés.
Une production qui devra être revue à la hausse puisque beaucoup de pays continuent de mener des explorations. «Le continent est à plus de 95% constitué de bassins sédimentaires. Et qui dit bassin sédimentaire dit bassins susceptibles d’abriter des hydrocarbures. Et le continent africain se trouve aussi sous-exploré, contrairement au continent américain», renseigne à ce propos le secrétaire exécutif de l’African petroleum organisation (Apo), Mahouan Laya Gaya.
Selon le Pr Ismaël Madior Fall, président du Comité Sénégal de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), organisatrice du colloque, sur les 177 puits forés par les compagnies pétrolières dans cette région appelée Msgbc (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau et Guinée Conakry), 115 ont rencontré des hydrocarbures, soit un pourcentage de 66%. La tenue de ce colloque va permettre «de prévenir des situations préjudiciables aux intérêts des Etats et au devenir de leurs populations», a souligné le Pr Fall.
mamewoury@lequotidien.sn

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