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Entretiens avec les journaux, émissions radios et télévisions… Depuis une semaine, on ne parle que de «L’Afrique en danse». Tous les médias sénégalais sont subjugués par sa philosophie et surtout le projet à la fois culturel et panafricaniste qu’elle porte. Elle incarne surtout le nouveau visage de la culture et du tourisme sous l’ère de la rupture au Bénin. La Directrice de Arise groupe, Alexandrine Avognon est à Dakar depuis quelques semaines pour lancer son concept «Ma Culture mon futur». Un ensemble de programmes divers qui s’appuie sur les ambassades et consulats à l’étranger pour vendre la destination Bénin, avec l’appui de la diaspora.

Dimanche prochain, le Théâtre national Daniel Sorano va vibrer aux rythmes des folklores béninois. Le tout, sous les tam-tams du célèbre percussionniste sénégalais Mbaye Dièye Faye et le Sing sing rythme. La veille déjà, c’est à dire le samedi 18 février, les Dakarois et les Béninois de la diaspora, pourront suivre au Centre aéré de la Bceao la première édition de Miss Bénin Diaspora au pays de la teranga. «Ce sera un évènement haut en couleur. Car nous avons fait déplacer ici au Sénégal, plus d’une cinquantaine de personnes, afin d’étaler véritablement la richesse de la culture béninoise», a expliqué Alexandrine Avognon. Elle explique : «C’est un programme itinérant, nous voulons amener tous les Africains à se battre ensemble pour pouvoir faire quelque chose de nouveau, de gratuit. La culture ça ne se vend pas, on l’a en nous, on la porte». Cette jeune dame qui a pour ambition de faire du Bénin la première destination touristique d’Afri­que, trouve incontournable la destination Sénégal, pour atteindre ses objectifs. «Nous avons choisi le Sénégal, parce que d’abord c’est une terre de teranga. On y était en décembre dernier et ça s’est merveilleusement bien passé. Après ça on s’est dit, ici c’est un grand carrefour où toutes les nationalités presque se brassent. Donc la première édition, on la fait au Sénégal, puis après ce sera le Bénin au Gabon», détaille-t-elle. Arise Groupe dont elle est la directrice, a la particularité de ne pas attendre forcément des appuis pour réaliser ses activités. «Nous avons tout ce qu’il faut pour y arriver», convainc Ale­xandrine Avognon. Toutefois, l’initiatrice du projet «L’Afrique en danse» dit vouloir compter sur l’implication des ambassades du Bénin à l’étranger. «Elles de­vraient être les premiers vecteurs de la promotion de la destination Bénin. On doit sentir la culture béninoise dans nos ambassades», mentionne-t-elle, tout en soulignant l’importance d’engager une réflexion profonde sur les voies et moyens pour sortir la culture béninoise de sa léthargie. «La promotion de la culture béninoise doit se traduire par le consommons local», croit d’ailleurs savoir Ale­xandrine Avognon qui annonce déjà qu’après le Sénégal et le Gabon, d’autres pays comme le Cameroun, l’Afrique du Sud et «sept autres pays avec qui, on a presque les mêmes cultures, y compris l’Afrique du Nord» accueilleront son projet L’Afri­que en danse L’itinéraire d’une panafricaniste Avec son concept plus global «Ma culture mon futur», Ale­xandrine Avognon se positionne comme une ambassadrice de la culture béninoise. Pour cela elle veut faire voyager le plus possible à travers le monde les groupes de folklore qui l’accompagnent dans sa mission. Pour elle, le panafricanisme, il faut d’abord la vivre et en faire par la suite un rêve continental. «Le panafricanisme dont on nous parle tout le temps, c’est à mon avis l’apport de tout un chacun de nous, l’apport d’une manière spontanée, d’une adhésion volontaire de chacun de nous dans son domaine de prédilection … », confie-t-elle, précisant que «si chaque Africain, à travers ce qu’il peut faire de mieux, ce qu’il peut apporter, ajoute ainsi sa pierre à l’édifice. Et c’est ainsi que ce rêve d’union continentale sera une réalité». « Nous, (Ndlr, les Béninois) ce qu’on a de plus cher, ce qu’on peut faire, ce qu’on porte de plus, c’est notre culture. Et on a décidé de faire fédérer toute l’Afrique autour de notre culture, autour de nos traditions. Avec nos frères des autres patries, nous allons porter très haut ce flambeau-là», ajoute avec espoir Mme Avognon, qui, il y a quelques années encore, était pourtant, presque inconnue dans le milieu de la culture et du tourisme béninois. En réalité, rien ne prédestinait Alexandrine Avognon à sa nouvelle passion. Aujourd’hui, elle est pourtant devenue le visage de la culture et du tourisme béninois grâce à sa ténacité et sa ferme volonté d’apporter sa pierre à la construction de la maison Bénin, par le canal de la culture. Avec sa formation de gestionnaire de projet, elle a longtemps travaillé dans le développement rural avant de se reconvertir. «Il faut savoir être polyvalent, avoir l’esprit ouvert, avoir des visions très grandes. C’est ce que j’ai essayé d’avoir très jeune. Et toute suite après, j’ai été portée vers un projet hôtel express international… J’ai atterri dans une entreprise où il y avait ce projet-là, c’était une entreprise de mon cousin. Je l’avais aidé par rapport au projet hôtel express international où il fallait faire la promotion des hôtels et cette promotion permettait à des hôtels d’être remplis sur toute la ligne… », renseigne-t-elle, lorsqu’on cherche à découvrir son itinéraire. Très rapidement, Mme Avognon a gravi des échelons au sein de cette structure. Du poste d’assistante, elle a été nommée administratrice déléguée d’hôtel express à l’international. Valoriser la culture, privilégier le partage Entre-temps, elle a été contactée par d’autres agences de voyages où elle a servi avant de se lancer pour son propre compte avec Arise Groupe. « La culture et le tourisme, ce sont des choses que j’avais en moi. Autant, je peux me donner à la culture, autant je peux faire autre chose. Je pense qu’il faut être polyvalent mais l’essentiel c’est d’aimer ce qu’on fait et qu’on le fasse avec le cœur. Je pense que c’est ce que je fais», souligne-t-elle, avouant que sa seule motivation, c’est l’amour qu’elle a pour la culture de son pays. «Ce qui nous motive pour ces projets, c’est que nous aimons ce que nous faisons. On l’adore, on adore notre culture, on adore notre tradition, on adore notre patrie et on n’a pas de frontière. Un homme de culture n’a pas de frontière et les moyens de communication avec nos frères, c’est la culture», assure encore Mme Avognon. Pour elle en effet, «l’Afrique, est une, il n’y a pas de frontière, on ne dissocie pas l’Afrique du Nord, l’Afrique du Sud, de l’Est et de l’Ouest». «On a voyagé à travers le monde et on a vu un peu comment les gens, les Occidentaux apprécient notre culture. Ils voient toutes les valeurs cachées que nous, on est en train d’abandonner. On est en train de copier aveuglément les Occidentaux. Alors que eux, ils nous vénèrent», relève-t-elle. Non sans partager l’admiration que les gens montrent en découvrant la tradition béninoise, de Stras­bourg, à Durban, en passant par Paris et aux Etats Unis. Avec le Sénégal, Arise groupe qui a déjà représenté le Bénin à plusieurs salons et scènes culturels et touristiques notamment Top Résa à Paris, Solidarissimo à Colmar, Fitur à Madrid et Indaba en Afrique du Sud, compte réaliser d’autres grands projets culturels dans les mois et années à venir. Sa directrice ne cache pas son enthousiasme et sa détermination. Rappelant qu’aux côtés de groupes sénégalais, ils ont eu à faire des percussions ensemble, au point d’impressionner des citoyens du monde venus participer à diverses rencontres, elle dit vouloir valoriser «cette convergence-là, cette complicité-là, et se fédérer pour montrer que l’Afrique est unie». « Avec nos traditions, on peut se mettre ensemble et sortir des choses extraordinaires», se persuade Mme Avognon, invitant tout le public sénégalais à ne rater sous aucun prétexte le rendez-vous de dimanche prochain au Théâtre national Daniel Sorano.

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