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Anthropologue, muséologue, musicologue, critique d’art et chercheur, Ousmane Sow Hu­chard a été nommé en Con­seil des ministres, président du Con­seil d’administration du nouveau Musée des civilisations noires. Cette nomination résonne comme le couronnement d’une carrière riche et fructueuse pour «Sole­ya Mama». En effet, après des études en histoire de l’art, anthropologie, muséologie et musicologie, couronnées par un doctorat (Ph. D.) à l’Uni­ver­sité Laval de Québec (Canada) en 1985, M. Hushard était rentré au Sénégal dans le cadre du projet du Musée des civilisations noires. A défaut, il exerça diverses fonctions : Conser­va­teur en Chef du Musée dynamique, Conseiller technique au cabinet du Minis­tre de la Culture, Commissaire aux ex­po­sitions d’art à l’étranger, Président du Conseil scientifique de Dak’art : la Biennale de l’art africain contemporain.
Au Sénégal, l’on ne présente plus ce fils de Ziguinchor qui a été membre de plusieurs associations nationales et internationales: Association des chercheurs sénégalais (Acs), Conseil africain des musées (Africom), Conseil international des musées (Unes­co), Co­mi­té international de muséologie (Icom-Unesco), As­so­ciation internationale des critiques d’art (Aica-Unesco). Auteur, compositeur et interprète, il est aussi membre de l’As­sociation des métiers de la musique du Sénégal, Président de «Silaba» : Association pour la sauvegarde et la promotion de l’héritage musical africain, Prés­i­dent du «Mouve­ment des palmiers pour le dévelop­pement local» de la Casa­man­ce naturelle et secrétaire gé­néral du Forum culturel africain «pour le développement de la culture en Afrique».
Sa nomination a été reçue dans le milieu culturel de façon positive par les acteurs. Car «c’est un homme du sérail comme on le dit dans le jargon», confie un artiste qui dit être son ami personnel. «Je ne peux parler de Soleya Mama, je ne se serai pas objectif. Car c’est un ami personnel», dit-il au téléphone, préférant simplement le féliciter pour cette nomination. Un autre mentionne euphorique : «Qui mieux que lui, pour parler d’art, de musée dans ce pays ? Moi, je savais d’avance qu’il allait être copté là-bas, une fois que tout sera prêt». En clair, pour bien de gens, «c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut». Et ils n’ont pas totalement tort. Toutefois certaines personnes voient en cette nomination une récompense politique : «Il a été politiquement correct jusque-là et ne tire pas sur le Prési­dent, ni sur son gouvernement. Donc c’est une belle récompense politique», souligne un de nos interlocuteurs.
Une chose est sure, l’artiste Soleya Mama reste dans la lumière de sa carrière. Il a été en effet, conservateur en Chef du Musée dynamique (1983 –1988) et Commissaire aux expositions d’art à l’étranger au Sénégal. A son actif, on dénombre également plusieurs projets artistiques. Ancien du Waato Sita (le premier groupe sénégalais à construire une musique de fusion (afro jazz progressif) tirée du patrimoine musical africain avec des instruments de la tradition, y greffant des guitares et de la basse), fondé en 1973 avec André Lô (ex Merry Makers de Dakar), Ousmane Sow Huchard a également publié plusieurs ouvrages dont : La Culture, ses objets – témoins et l’action muséologique, (Sémiotique d’un objet-témoin : le masque kanaga des Dogons de Sanga) Dakar, Ed. Le Nègre international, 2010.
En juin 2007, il avait été élu député à l’Assemblée nationale du Sénégal, et depuis le 22 mars 2009, Conseiller municipal à la commune de Ziguin­chor. Mili­tant écologiste actif au sein du Rassemblement des écologistes du Sénégal «les Verts», dont il est un des membres fondateurs en 1999. Outre la nomination du Pca, Mor Seck, expert en organisation et management public, est nom­mé secrétaire général du Musée des civilisations noires.
arsene@lequotidien.sn

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