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Il traîne une bosse, accuse le poids de l’âge. Qu’importe ! Djiby Ba tient à préserver le mausolée de Lat Dior. Fondateur du quartier de Dékheulé Peulh qui a résisté à l’usure qui frappe la tombe du héros national, ce nonagénaire s’est démultiplié pour arracher sa part du destin qui devait lui faire croiser l’héritage de Lat Dior. «C’est moi qui nettoyait le mausolée de Lat Dior. Avant, c’était mon grand frère. Mais je n’ai plus les capacités», glisse-t-il assis sur une natte avec son épouse et ses enfants. Père de famille, le vieux Ba tient un livret où les visiteurs du mausolée émargent après leur passage. «Chaque visite est inscrite dans ce grand livret. Il ne manque que les politiciens. Sinon, nous avons reçu ici des entrepreneurs, des historiens, des archéologues, etc.», regrette-t-il.
Au moment où le vieux posait ses baluchons dans ce quartier, Léopold Sédar Senghor et Lamine Guèye s’arrachaient le leadership dans le landerneau politique. On est dans les années 50. Le vieux nomade, éleveur émerveillé par l’histoire de Dékheulé, décida alors de s’y implanter. Il sera rejoint par Adama Ba, son frère, qui sera honoré à la légion d’honneur par le Président Abdou Diouf, lors de la cérémonie d’inauguration du mausolée de Lat Dior. Après le décès de son frère quelques années plus tard, il prend les rênes de l’entretien du mausolée. Depuis, il a les clefs du temple.

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