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Rass Madou est un reggaeman  sénégalais vivant depuis 12 ans en Allemagne où il dispose d’un mini studio d’enregistrement. En séjour au pays natal, il était en visite dans le local des journalistes de Rufisque. Une occasion pour réaliser un entretien au cours duquel le compositeur a étalé ses ambitions et évoqué le genre musical qu’il affectionne. La perception qu’il se fait du mbalakh et la situation en Gambie ont été au cœur des échanges.

«Je veux être le premier reggaeman sénégalais que même nos mamans écoutent», a lancé lundi dernier comme un défi, le chanteur Mamadou Mané alias Rass Madou (Rassoul Madou). D’après cet artiste qui s’est essayé dans un premier temps à la danse, la perception selon laquelle le reggae ne marche pas bien au Sénégal ne tient pas la route. «Il faut consulter le passé historique d’un phénomène pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Les artistes comme Alpha Blondy, Morgan Heri­tage, Lucky Dube, de même que des rappeurs ont fait au Sénégal des concerts avec le plein de spectateurs. Et à chaque fois, les spectateurs chantent tous les morceaux de ces musiciens qu’ils maitrisent très bien», a-t-il rappelé pour justifier le fait que le reggae a encore la cote au Sénégal.  Le natif de Marsas­soum (région sud) réside en Allemagne depuis 11 ans et en a profité pour présenter ses deux derniers singles. C’est d’ailleurs à Francfort où il est basé qu’il dit détenir un mini studio d’enregistrement qui lui a permis de réaliser ce produit.
Faisant une lecture d’ensemble de la musique au Sénégal, ce reggaeman n’est pas trop enchanté par ce qui se passe dans le milieu. «Grâce aux médias et surtout aux lobbys on fait croire aux Sénégalais que le mbalakh est au top», a-t-il déploré. Pour cet artiste polyglotte qui chante en sept langues dont le mandingue, le dioula, le wolof, l’anglais, «La musique sénégalaise est mbalakh mais le mélomane sénégalais n’est pas mbalakh». Revenant sur son parcours, le compositeur qui ne s’est pas donné en entier dans la musique, notamment à cause de la barrière linguistique et aussi au refus de sa femme allemande de le voir chanter, considère comme une perte ses sept premières années passées en Allemagne. Un vide que Rass Madou compte combler par la sortie prochaine de son futur album. «J’ai à mon actif plus d’une centaine de textes que je vais sortir par album», a-t-il promis, tout en avisant de la sortie de son premier clip vidéo avant la fin de cette semaine.

Hymne pour le départ de Yahya Jammeh
La situation qui prévaut en Gambie intéresse Rass Madou au plus haut niveau et, bien que l’épouse du président gambien, Zeynab Jammeh, soit l’homonyme de sa fille âgée de 12 ans, il demande à Yahya Jammeh de céder le pouvoir. «Même si c’était mon père dans une pareille situation, je lui aurais demandé de partir», a fait savoir Rass Madou après une séance d’écoute d’une de ces chansons exhortant à la transmission pacifique du pouvoir par Yahya Jam­meh. «Dans la chanson je demande au président Barrow de s’asseoir tel que l’a voulu le peuple gambien et  à Jammeh je demande de partir», a-t-il fait savoir. «Nous lui disons please il faut partir dans la paix pendant qu’il est temps», a assuré le reggaeman qui dit s’activer aussi dans le commerce. Cette chanson qui est écrite en mandingue et en anglais est un rythme afro mélangé au reggae. On peut y entendre le chanteur pousser les jeunes à la révolte, à l’insurrection. «Jammeh doit comprendre, dira le reggae man, qu’il est temps de céder le pouvoir. Lui-même l’a reconnu. Nous lui disons, please, il faut partir dans la paix pendant qu’il est encore temps», fredonne-t-il.

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