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Pour sortir de la solitude de son quartier, Mouhamed Gana Diallo alias Mario Mgd embrassait en 2012 le hip-hop. Aujourd’hui, le jeune chanteur a du talent à revendre malgré sa courte expérience dans ce milieu. Son flow et son style à l’américaine l’aident à se démarquer des jeunes talents de la banlieue.

A 21 ans, le rêve de Mouhamed Gana Diallo alias Mario Mgd est de faire une longue carrière dans la musique et devenir l’un des plus grands artistes du Sénégal. Déjà petit, il nourrissait ce rêve. «Lorsque j’étais enfant, j’imitais Michaël Jackson, James Brown…» Voilà donc qui justifie l’accent anglais de ce jeune homme qui révèle par ailleurs qu’il est étudiant en 1er année au département d’anglais de l’Ucad. Même en parlant wolof, Mario a du mal à se départir de cet accent anglais. Certains se demandent d’ailleurs s’il a vraiment grandi au Sénégal. «C’est un grand problème. On me demande tout le temps si j’habite au Sénégal. Je n’ai jamais mis les pieds au pays de l’Oncle Sam», confie-t-il. Et pourtant, tout porte à le croire. Loin d’en faire un problème, Mario a tout simplement fait de cet accent anglais la marque de sa musique. «Je fais du rap, je chante, je fais aussi du hip-hop, je fais du break, je fais de world music. Je chante en anglais, un peu de français, wolof.» Liant l’acte à la parole, Mario Mgd offre un a cappella en anglais et démontre une fois encore toute l’aisance qu’il a à manier la langue de Shakespeare.
Les souvenirs, remontant à la surface, Mario se laisse aller aux confidences : «J’ai longtemps nourri le rêve de faire carrière dans ce milieu alors que je n’étais qu’un gamin. En 2012, j’ai commencé à la Médina avec du break. C’est là que je suis né et j’y ai passé une partie de mon enfance. J’ai par la suite déménagé à Rufisque où j’ai ressenti une immense solitude. Au Hlm Serigne Mansour de Rufisque, il n’y avait pas une très grande ambiance.» Rongé par la solitude, le jeune opte pour la chanson. Mais pour ses parents, les priorités se trouvaient ailleurs. «Mes parents ne voulaient surtout pas que j’échoue à l’école. J’étudiais du lundi au samedi et je n’avais pas trop de liberté…» Cela n’a pourtant pas empêché le fils Diallo d’aller au bout de sa passion. Aujourd’hui, il compte dans sa discographie 4 singles, Better day will come, Hypo­crisie,  Love me like I do (2014) et This is married (2015).
Dans ses chansons, il aborde diverses thématiques, touchant surtout les clivages sociaux (pauvres et riches), les enfants de la rue, l’amour… «Je suis très sensible à ce qui m’entoure. Quand j’allais à l’école, je croisais dans la rue les mendiants, les enfants mal fagotés qui couraient les rues…  Better day will come leur est destiné : (un jour meilleur se lèvera)». Love me like I do, en featuring avec le groupe Wa flash de Thiès, est une ode s’adressant aux jeunes filles. «Je parle surtout aux filles pour leur dire aimez-moi comme je suis.» En attendant de tenir son premier album en main, Mouhamed Gana Diallo espère un jour poser sa voix aux côtés de celle de Viviane Chidid,  Buzz lab…
aly@lequotidien.sn

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