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Né Baba Ndiaye, le rappeur Ngaka Blindé a commencé à faire du rap en 2008-2009, mais il a vite gravi des échelons pour que son nom soit connu dans le milieu. En visite dans nos locaux pour évoquer la sortie de son dernier tube «Tathiouma», il raconte son parcours, sa vie et ses relations avec les autres rappeurs.

De son vrai nom Baba Ndiaye, le rappeur Ngaka Blindé, (Ndlr, l’ignorant), natif de la banlieue notamment à Guédiawaye, après des années de silence, vient de servir aux mélomanes Tathiou­ma. C’est le titre de son tout nouveau tube qui fait plus de 200 mille vues sur You Tube. Il s’agit d’une compilation de sabar et d’autres instruments. « Je me suis dit qu’ici au Sénégal à travers nos musiques, nos valeurs, on peut faire quelque chose d’original qui pourra se vendre sur le plan international», explique le rappeur qui mentionne que c’est dans cette optique qu’il a réalisé cette chanson. Ngaka Blindé, il faut le souligné, est un rappeur singulier. Il a commencé à faire du rap vers les années 2008 et entama sa carrière solo en 2009. Avant, il était membre d’un groupe dénommé Young Stars. Et après la dissolution de ce crew, il intégra un autre  baptisé Oundou Yi. En 2011, le jeune homme, dans l’optique de se faire connaître, avait participé à une compétition hip-hop discover où il a été disqualifié en demi-finale. Mais il ne se décourage pas. Baba Ndiaye s’était plus tard inscrit dans  l’émission «Hip-hop feeling» de Fata. Et dans la même année, il réalisa son premier single Leppfay.
Le produit n’a pas fait carton comme il le souhaitait. Alors en 2013, il participa à une compétition nommée «Flow up» et organisée par Africultururban. «Par la grâce de Dieu», Ngaka Blindé la remporta. Ce fut une révélation au Sénégal. Petit à petit, le jeune rappeur évolua, participant à des concerts, des émissions radio, télé etc. Mais il devrait résoudre l’équation école et passion. Soit il fallait faire de la musique son gagne-pain ou poursuivre ses études. Pour sa grand-mère, le choix est clair : les études avant tout. Malheu­reu­sement, le rap avait déjà pris une grande partie dans la vie du jeune-homme. «Le rap, je ne l’ai pas ramassé dans la rue, il est venu me trouver dans mon école», affirme Baba Ndiaye. «Quand on récitait en classe, quand mon tour arrivait, je faisais du rap. En ce moment, je ne mémorisais pas ce que les gars faisaient, car je n’écoutais pas le rap carrément. Un texte de Fou Malade fait partie des textes avec lesquels j’ai appris à écrire», confie-t-il, indiquant que même si son père n’était pas contre ce qu’il fait, il voulait avant tout qu’il se concentre sur ses études. Ngaka a également été influencé par son maître à l’école primaire. «C’est lui seul mon soucis. Ma mère, elle, n’a pas de problème pour ça.» dit-il, ajoutant que son objectif était de faire en sorte que ceux qui n’ont jamais écouté ou n’aimaient pas le rap l’aiment à travers ses œuvres.

Flow pas trop sympathique
Ngaka Blindé avait épousé le rap comme on épouse une femme. C’était son tout. Pourtant, ses textes ne faisaient pas l’unanimité. On y entend des insultes et toutes sortes de vulgarité. Beaucoup de mélomanes se sont d’ailleurs posé la question de savoir si son message pouvait intéresser du monde. Lui pense que «Oui». «Le hip-hop, quoi qu’on puisse dire, ça reste toujours le hip-hop. Et puis, ça parle de tout et de rien. Je le dis souvent, il faut laisser le hip-hop avec sa casquette de jeunesse…», dit-il Ngaka Blindé. Il argumente : «Le rap c’est le rap, il y a du clash, ego trip, il y a tout ce que l’on entend dans la rue, dans le marché, dans les bureaux. Si vous écoutez Ngaka, il y a de ses sons où il y a des injures, mais il y a également autre chose. Pour tout ce qui est langage de rue, les adultes ne peuvent pas l’écouter. Mais dans d’autres textes, il y a des cris du cœur qui peuvent éveiller les consciences de certaines personnes.» Ainsi le rappeur, malgré les critiques de l’opinion, ne recule pas. Il assume ses insultes. «Si j‘ai des problèmes avec mes camarades rappeurs, je ferais tout ce qu’il faudra pour réparer mon tort. Mais hors de là, si je veux parler avec le gouvernement, j’ai une autre de méthode de communication. A chaque fois que j’écris pour un public que j’ai ciblé, je pèse mes mots», tente de convaincre l’auteur de Thathiouma.
Outre sa musique qui fait polémique, Ngaka Blindé est perçu comme un frimeur. Le jeune artiste a non seulement une façon étrange de marcher, mais il se permet de mettre des lunettes noires fumées en pleine nuit. Ces agissements suscitent polémiques à tel point que certaines mauvaises langues disent que c’est à cause de l’alcool et de la drogue qu’il consommait. Interpellé à ce sujet, l’enfant de la banlieue balaie tout d’un revers de main. «Non ! Je ne frime pas, c’est juste le fun. Je ne prends pas ces choses-là dont vous parlez», fait-il savoir, sourire aux lèvres. Quid de sa relation que l’on dit exécrable avec son compère Dip, un rappeur de Grand Yoff qui fait, lui, aussi son bonhomme de chemin ? «Vous savez, quoi qu’on puisse dire partout sur les plateaux, on me demande mes problèmes avec Dip. Lorsque l’on dit quelque chose sur quelqu’un dans ce pays, si cela ne l’arrange pas, tout le monde dit que c’est de la jalousie. Chacun a sa perception des choses. Mais moi, je n’ai pas un problème avec Dip. Si je le dis, c’est pour montrer que Dip ne me dérange pas dans mon business», réagit Ngaka Blindé, d’après qui le hip-hop a connu une évolution avec une nouvelle génération de rappeurs qui l’ont modernisé.
Stagiaire

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