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Le président du mouvement citoyen «Les indignés du Sénégal» n’en a pas fini avec le Fpdr qui l’a exclu en même temps que Ousmane Faye et Abdoulaye Mamadou Guissé. Pape Makhtar Diallo est comme un éternel indigné.

Il n’est pas Stéphane Hessel parce qu’il n’a pas, comme lui, écrit «Indignez-vous !» Mais Pape Makhtar Diallo répond à cet appel par son mouvement «Les indignés du Sénégal». Ce jeune fait partie, avec Ousmane Faye et Abdoulaye Mamadou Guissé, du lot des trois impertinents exclus par le Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) pour avoir dénoncer la rencontre entre le chef de l’Etat et Manko wattu Senegaal. Il doit sa «naissance» médiatique surtout à cette perche que Mamadou Diop Decroix et Cie lui ont tendue. Un martyr créé, mais peut-être sans grandes conséquences pour le Pds et ses alliés. Le jeune Diallo est de cette génération au tempérament 2.0, qui se dresse en «contre-pouvoir» au pouvoir public et en «sentinelle» de la gestion transparente des affaires. Teint clair, barbe garnie, l’homme estime que la lueur d’espoir entretenue par Macky Sall va se transformer en un «désespoir lamentable». Ce «non-aligné» logé dans un M23 encore crédité de sa neutralité a d’abord lancé son mouvement avant de s’aligner dans l’opposition, aux côtés du Pds et d’autres partis et mouvements réunis au sein du Fpdr. Après 4 ans sous les ordres de Mamadou Diop Decroix qu’il qualifie d’«antidémocrate», il s’indigne des pratiques au sein de leur coalition noyée par un Manko wattu Senegaal née des frustrations et contestations post-référendum. Désormais hors Fpdr, Pape Makhtar Diallo scrute un avenir meilleur, mais dans le respect des principes. De ses principes.

Avocat raté
Lunettes d’intello bien fixées aux yeux, le verbe posé, Pape Makhtar Diallo n’en a pas fini avec le coordonnateur du Fpdr, Decroix. «Notre présence dérange certains. Lorsqu’on se bat pour des principes ou pour des causes nobles, les gens cherchent à vous mettre des bâtons dans les roues. Le mal du Fpdr est de la responsabilité du coordonnateur Mamadou Diop Decroix qui n’a pas voulu prendre ses responsabilités pour exclure les fautifs. Il préfère dire que ces gens, de par leurs comportements, se sont auto-exclus eux-mêmes», charge-t-il sans sourciller. Lui entend résister par un «nous sommes et restons dans le Fpdr». Et même en «avocat raté» dans son rêve, il compte se défendre, mais surtout se rattraper en se faisant le paladin des droits humains. Il est né à Saint-Louis il y a une trentaine d’années et y a suivi ses études avant de s’inscrire au Lycée Blaise Diagne de Dakar. Il entend les bruits des amphis qui sont désormais à 2 minutes de son lycée. Le Bfem en poche, la traversée du Bac le mène au voisin de «Blaise Diagne», «Cheikh Anta Diop». Dans cette université, Pape vit le cauchemar et la désillusion de nombre d’étudiants, même les plus doués. «J’ai ‘’cartouché’’», dit-il. C’est le jargon quand on reprend à 2 fois une classe. Et c’est presque la règle. On est à la fin des années 2000. Donc, le rêve d’arborer une robe noire s’envole. Le choc est brutal. Mais philosophiquement, le juriste en herbe accuse le coup et capitule. «Une fois à l’université, les choses ne se sont pas déroulées comme je le pensais. Il y a des systèmes qui ne permettent pas d’évaluer les gens. J’ai ‘’cartouché’’. Mes amis m’ont dit que le doyen de la Fac leur a signifié que chaque année, l’université perd ses meilleurs étudiants. Donc, je suis victime de ce système.»

«Nos leaders politiques ont des costumes de démocrates, mais…»
A défaut d’une carrière de juriste, Pape Makhtar se console des habits de militant des droits de l’Homme. Il engage le combat pour la libération des jeunes de Colobane, reconnus coupables de meurtre sur le policier Fodé Ndiaye lors des manifestations contre un 3ème mandat du Président Abdoulaye Wade. Ils seront condamnés à 18 et 20 ans de prison. Pape Makhtar va même rejoindre la vague d’hommes qui réclamaient la libération de Karim Wade. «Nous nous battons pour des principes et des valeurs», se défend-il. Aujour­d’hui, il réclame une nouvelle classe politicien ! Sorte de Nouveau type de politique. Il dit : «J’ai écrit un article sur la super lâcheté des leaders. Ils se considèrent plus importants que les autres parce qu’ils ont été ministres, députés ou ont occupé des fonctions administratives. Ils ont des costumes de démocrates, mais ils ne sont là que pour leurs intérêts personnels. L’amour du pouvoir pour le pouvoir caractérise la majeure partie de nos hommes politiques.» C’est que le leader des Indignés du Sénégal ne cautionne pas les coups bas, la ruse et le clientélisme. Eternel indigné !
bgdiop@lequotidien.sn

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