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Président de la fédération départementale de la Ligue démocratique (Ld) de Rufisque, militant depuis 1988, paladin de la gauche au pouvoir… Souleymane Guèye Cissé trace sa voie avec ses hommes qui ne veulent plus de la proximité avec Bby, et donc s’éloignent de la ligne de la direction. A 50 ans, il veut une Ld-debout.

Souleymane Guèye Cissé est l’un des initiateurs du mouvement Ld-debout lancé à Ru­fisque le week-end dernier. Par rapport à cette contestation couchée dans un manifeste, le Jallarbiste se veut pourtant clair : «Ce n’est pas une fronde, car nous sommes majoritaires.» Ce quinquagénaire assure la présidence de la fédération départementale de Rufisque de la Ligue démocratique (Ld) depuis 2000. Loin d’une consécration pour le jeune militant de 1982, son année d’adhésion au parti du Professeur Abdoulaye Bathily, ce poste traduit un engagement constant du responsable investi, de manière ininterrompue depuis 2002, de mandats électifs au niveau du département. C’est en fait sous la bannière de la Ld qu’il a requis le suffrage des populations aux joutes locales et nationales. Il a été suppléant aux Législatives de 1993, puis titulaire à celles de 1998. Lors des élections locales de 2002, il est élu 4ème adjoint au maire de Rufisque Ville et 3ème adjoint à Rufisque Est. Le Jallarbiste a aussi été membre du Conseil départemental en 2014 où il était en charge de la Commission chargé des relations avec le secteur privé. Il s’est cependant déchargé de son mandat au niveau de cette institution en janvier 2017 pour «convenances personnelles».

«Génération 88» aux côtés de «Génération 68» 
La reconnaissance du projet de la gauche est le principal combat de ce binoclard, débatteur à souhait sur la vision de la gauche dont il a piqué le virus dès les années de lycée. Il s’est, à ce titre, réclamé de la «Génération 88» ayant porté le combat estudiantin au lycée Abdoulaye Sa­dji. Parce que, sans doute, couvé par un soixante-huitard à l’accent feutré : Abdoulaye Bathily. Un combat pour la vie, mais surtout pour qu’accède enfin le pays au «vrai développement». Con­vaincu que l’objectif de tout parti est d’arriver au pouvoir, Guèye Cissé pense à ce sujet que l’heure de la gauche est «imminente». Est-ce possible sans les (vrais) gauchistes ? Bathily a pris sa retraite, Dansokho a pris la canne, Landing Savané et Cie ont «Aj» autrement… Bref, tous, ou presque qui lorgnaient à Gauche ont tourné à Droite. Mais Cissé fonde encore son espoir sur la Ld-debout avec comme principal défi d’arriver à la tête de l’Etat en 2019 ou 2024. En clair, un départ de Macky Sall ! Pour lui, ce sera l’heure du vrai changement avec «une vraie démocratie, la paix, un programme de développement inclusif». Com­me pour dire que l’heure de la rupture définitive avec Benno bokk yaakaar est arrivée, M. Cissé ambitionne de fédérer toutes les forces vives de la gauche. «Nous devons continuer parce que la Ligue démocratique représente le fer de lance de la gauche historique», mentionnait-il à ce propos dans un entretien. Taille moyenne pour un gabarit moyen, le responsable politique bombardé secrétaire général adjoint par intérim de la Ld suite à la démission de Mamadou Ndoye voit l’avenir en grand. «Je n’ai pas de vision politique. C’est la Ld qui a sa propre vision qui est un projet inclusif n’omettant aucun secteur de la vie sociale», a-t-il précisé sur la démarche entreprise. «Une confrontation, c’est entre des forces sensiblement égales, mais quand il n’y a pas photo…», a-t-il assuré d’avance dans ce combat pour une Ld-debout en attendant le congrès qui, espère-t-il, va «légitimer» leur démarche pour la conquête du pouvoir.

abndiaye@lequotidien.sn

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