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Après un premier compact qui a permis la réalisation de projets dans le domaine agricole ou des infrastructures, le Séné­gal a décidé de consacrer son deuxième compact du Millenium Challenge account (Mca) au secteur énergétique. Les études portant sur les projets retenus dans ce cadre ont été restitués hier.

Malgré les subventions du gouvernement, le coût de l’électricité au Sénégal est un des plus élevés en Afrique. Ce qui a pour conséquences une production restreinte et des opportunités économiques réduites pour le secteur privé et les ménages. Identifié comme principale con­trainte à la croissance et à l’investissement, le secteur de l’électricité sera ainsi le seul à bénéficier des financements obtenus par le Sénégal dans le cadre du Millenium challenge corporation (Mcc). «Ce nouveau compact a la particularité d’être uni-sectoriel et innovateur. Et l’innovation porte sur la combinaison entre les partenaires et le secteur privé», se réjouit le ministre du Pétrole et des énergies, qui présidait hier l’atelier de présentation des rapports préliminaires des études de faisabilité sur les infrastructures mises en œuvre dans le cadre du second compact auquel le Sénégal est éligible.
Après avoir bénéficié d’un premier compact, le Sénégal est aujourd’hui éligible à un second compact pour la période 2020-2025. Selon le ministre du Pétrole et des énergies, Mansour Elimane Kane, la signature de ce nouveau compact est prévue en décembre 2018 et sur les 19 projets à l’étude, une analyse des contraintes va permettre de les prioriser et définir ceux qui seront réalisés grâce aux financements américains. Mais globalement, les projets concernent quatre composantes: la première a trait à la diversification des sources de production, optimisation du parc et gestion de la demande. La deuxième composante porte sur l’amélioration de l’accès à l’électricité en milieu rural et périurbain. La modernisation et le renforcement des réseaux de transport et de distribution constituent la 3e composante et l’amélioration du cadre légal et le renforcement des capacités des acteurs du secteur en est la dernière composante. Selon M. Kane, «on peut espérer qu’après ce compact, les objectifs de coût et d’accès universel à l’électricité seront réglés définitivement».
Mais avant cela, l’Unité de formulation et de coordination (Ufc) du Mca Sénégal a lancé une série concernant la faisabilité des projets, l’identification des impacts environnementaux et sociaux, et l’identification de mesures de mitigation.
L’atelier d’hier a donc permis aux consultants du cabinet international Wsp de restituer les premiers résultats de ces études. «On a proposé des solutions techniques pour le renforcement de la boucle de Dakar. On va aussi présenter certains éléments pour favoriser l’accès à l’électricité au Sénégal en zone rurale surtout», explique M. Fréderic Faustin de Wsp. L’expert en environnement explique que les projets comportent l’installation de lignes souterraines entre Kounoune et Patte d’Oie et d’une ligne sous-marine de 225 KV qui va relier Kounoune à Bel Air ainsi que la réhabilitation ou la conversion de centrales. Globalement, les projets sont localisés aussi bien à Dakar que dans les régions de Kédougou, Kaolack, Louga.
Et comme dans tout projet d’infrastructure, les contraintes ne manquent pas. «Sur la boucle de Dakar, la principale contrainte sur le tracé souterrain qui est proposé, c’est que ce tracé longe l’autoroute à péage et quand on se rapproche de Patte d’oie, l’emprise est utilisée», note M. Faustin. D’un autre côté, les études environnementales ont montré que les activités de pêche dans la région de Dakar rendent nécessaire la mise en place de mesures de mitigation.
mamewoury@lequotidien.sn

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