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Les premiers financements du Programme d’appui aux communes et aux agglomérations du Sénégal (Pacasen) vont tomber en mai prochain. Estimés à 130 milliards Cfa, ces fonds vont accompagner pendant trois ans les collectivités territoriales pour le financement de projets de développement.

Les élus locaux ont été sensibilisés et informés hier sur le Programme d’appui aux communes et aux agglomérations du Sénégal (Pacasen) au cours d’un Comité régional de développement (Crd). Estimé à plus de 260 millions de dollars Us, soit environ 130 milliards de francs Cfa, sur une durée de 5 ans (2018-2023), ce programme sera financé par l’Etat du Sénégal à hauteur de 60 millions Usd, la Banque mondiale 110 millions Usd et l’Agence française de développement (Afd), 90 millions Usd. Il intervient dans la continuité de deux programmes, notamment la Politique agricole commune (Pac) (1997-2003) et le Programme de renforcement et d’équipement des collectivités locales (Precol) (2006-2013) qui ont permis de tester plusieurs mécanismes, dont les audits urbains, organisationnels et financiers, les contrats de villes et les contrats d’agglomérations, les montages financiers associant des subventions, des emprunts et de l’autofinancement, entre autres. Le programme vise à appuyer le gouvernement du Sénégal dans ses efforts de mise en œuvre de la seconde phase de l’Acte 3 de la décentralisation, via l’appui au Programme d’opérationnalisation de l’Acte 3 de la décentralisation du Sénégal (Proactsen). Plus spécifiquement, le Pacasen vise à accroître le financement des collectivités territoriales et à améliorer leurs performances dans la gestion des investissements publics locaux. Il couvrira les villes et les communes de plus de 30 mille habitants et dont la densité dépasse 10 habitants à l’hectare, les communes chefs-lieux de région et/ou de département et les villes et communes concernées par la Pac et le Precol et ayant remboursé intégralement leurs dettes vis-à-vis desdits programmes. Sur cette base, 123 communes et villes pilotes sont directement éligibles à ces programmes, représentant 6,5 mil­lions d’habitants, soit 50% de la population nationale.
La mise en œuvre du Pacasen interviendra au courant du premier semestre 2018. Parmi les critères à remplir, les communes et villes doivent voter leur budget au plus tard le 31 janvier et les comptes administratifs au plus tard en octobre.
«Si on remplit ces conditions, on a l’argent. Et si on ne les remplit pas, on n’en aura pas. Ce sont des incitations pour amener les communes à respecter les principes de bonne gouvernance. Il leur faut aussi un programme de renforcement de capacités», a expliqué Birame Ndiaye, conseiller technique au ministère de la Gou­vernance territoriale, du développement et de l’aménagement du territoire.
Fadiaw Fall, représentante du maire de la commune de Ouakam, estime que le Pacasen vient à son heure pour booster l’investissement qui reste un problème pour les communes devenues indépendantes avec l’Acte 3 de la décentralisation. «Les communes doivent elles-mêmes chercher leurs fonds et peinent à les avoir pour investir dans des projets de développement. Le Pacasen leur permettra donc de s’adapter face aux critères de développement actuels», ap­puie Mme Fall.
Pour Banda Diop, maire de la Patte-D’oie, le Pacasen est attendu avec beaucoup d’espoir pour toutes les communes éligibles puisqu’il va leur permettre de recevoir des ressources pour servir à des investissements structurants. Cependant, il a, comme ses pairs, des préoccupations liées à la planification des ressources puisque les premiers financements du Pacasen sont prévus en mai alors que l’essentiel des collectivités territoriales ont déjà voté leur budget pour l’année en cours.

ksonko@lequotidien.sn

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