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Le Conseil d’administration du Fmi a approu­vé hier le programme économique du Sénégal mis en place à la suite de l’éruption du Covid-19 malgré des perspectives assez difficiles.

Le Programme de résilience économique et sociale du Président Macky Sall a reçu l’onction du Conseil d’administration du Fmi hier. Le Conseil d’administration a reconnu que les résultats économiques et sociaux obtenus jusqu’avant le Covid-19 ont été satisfaisants, alors que les perspectives du pays étaient également bonnes.
On se rappelle qu’au mois de juin dernier, une mission du Fmi à Dakar, menée avec des entretiens virtuels, du fait des conditions imposées par le Covid-19, avait noté que les projections du taux de croissance du Sénégal pour cette année 2020, étaient passées de 5,3% l’année écoulée, à 1,1%. Le déficit budgétaire devrait lui-même, monter à 6,1%, alors qu’il était déjà assez difficile à maîtriser dans les circonstances normales. La mission du Fmi notait : «La pandémie du Covid-19 a modifié sensiblement les perspectives établies au moment de l’approbation de l’accord Icpe, et a mis fin à une période de croissance vigoureuse qui a avoisiné en moyenne 6½ % au cours des six dernières années. Les mesures d’endiguement, le ralentissement de la demande extérieure, la baisse des envois de fonds des travailleurs expatriés et l’arrêt soudain des déplacements et du tourisme portent un coup dur à l’économie sénégalaise.»
La mise en œuvre du Pres, décidée par le chef de l’Etat dès l’éruption du Covid-19, avait nécessité la mobilisation de 1000 milliards de francs Cfa, environ un quart du budget du Sénégal. Le Conseil d’administration se félicite : «Les services du Fmi et les autorités se sont entendus sur une loi de finances révisée pour 2020 qui intègre la riposte à la Covid-19, avec une hausse considérable des dépenses de santé, un soutien ciblé aux personnes vulnérables et des mesures de stabilisation économique de grande ampleur. Le déficit budgétaire augmentera temporairement à 6,1% du Pib et, une fois que la situation reviendra à la normale, il devrait redescendre à 3% du Pib d’ici 2022, ce qui correspond au critère de convergence budgétaire régionale. La mise en œuvre du programme a été satisfaisante : tous les objectifs quantitatifs, sauf un, ont été atteints à fin décembre 2019, et les réformes structurelles ont bien progressé. Les objectifs quantitatifs du programme Icpe pour fin juin et fin décembre 2020 sont en train d’être ajustés afin que l’impact de la pandémie soit pris en compte, et les objectifs de réforme sont simplifiés afin que les autorités puissent se concentrer sur la crise.»
Le Fmi estime que «à court terme, le défi principal est d’exécuter les mesures de lutte contre la crise de manière efficace et transparente».
M. Mitsuhiro Furusawa, le Directeur général adjoint du Fmi et président par intérim du Conseil, a fait la déclaration suivante à l’issue de la réunion du Conseil d’administration : «Le Sénégal paie un lourd tribut à la pandémie de Covid-19. L’affaiblissement de la demande extérieure, l’arrêt soudain des voyages et du tourisme, la baisse des envois de fonds des travailleurs expatriés et les effets des mesures d’endiguement prises par les autorités nationales pèsent sur l’activité. Les perspectives à court terme sont moroses et très incertaines. Une reprise progressive est attendue au deuxième semestre de 2020 et en 2021, même si les perspectives risquent d’être révisées à la baisse.»

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