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Membre de l’Association des écoles et écuries de lutte qui s’engage à aider les lutteurs à se former, Pathé Boye alias «Big Pato» dit avoir choisi d’être agent de police et lutteur pour conscientiser sur l’importance d’être formé à un métier avant d’être sportif.

Pathé Boye, plus connu sous le sobriquet de «Big Pato», est un iconoclaste. C’est un agent de police qui a intégré l’arène pour débarrasser de la discipline la «face hideuse» collée aux lutteurs.

«Un lutteur doit d’abord avoir un métier»
«La lutte est un sport qui fait partie de notre patrimoine culturel. Aucune discipline n’a plus d’influence que la lutte au Sénégal. C’est une fierté d’être à la fois un agent de police et un lutteur. Ma présence dans l’arène a fait comprendre qu’un lutteur devrait d’abord avoir un métier et que rien ne peut empêcher d’être lutteur et de faire les bancs», recommande «Big Pato». Qui révèle : «J’ai contribué à faire baisser la violence dans l’arène en faisant comprendre qu’on peut être policier et descendre dans l’arène en se mettant en nguimb. La lutte aimante beaucoup de jeunes qui devront comprendre qu’ils devront être formés à un métier qui puisse leur permettre de gagner leur vie que de miser que sur la lutte qui compte beaucoup de licenciés qui peinent à trouver un combat.» Tel est le discours de Big Pato qui actuellement suit une formation en management du Sport à l’Inseps en faisant partie de la 13e promotion.
Une fois qu’il finit ses cours du soir, le lutteur livre des séances d’entraînement en vue de son prochain combat contre Wouly le 14 avril prochain. Devant se tenir le 10 février dernier, le combat a été reporté à cause de sa proximité avec la campagne électorale.

«Je vais battre Wouly et lui passer les menottes»
A plus d’un mois de sa tenue, Big Pato a déjà ouvert les hostilités en promettant de faire vivre l’enfer à son prochain adversaire. «Je vais battre Wouly avant de lui passer les menottes et l’emprisonner à Rebeuss (rire). Qu’est-ce qu’il n’a pas dit sur moi ? Je vais l’emprisonner pour outrage à agent de police. Il a promis de m’affecter à la circulation une fois qu’il finira de se mesurer à moi. Il n’a eu cesse de faire dans la provocation. D’ailleurs, je viendrai au stade avec des menottes et arrivé à Rebeuss, je le confierai à des amis gardes pénitentiaires que j’ai formés», a déclaré sous un éclat de rire le lutteur-policier qui ira vers son quatrième duel dans l’arène après avoir pris le meilleur sur Boy Baol 2 pour son entrée matière en février 2017.
Revenant d’une défaite contre Koukouma, Big Pato indique qu’il est «plus motivé» que son adversaire qui affiche une soif de succès après une longue traversée du désert. Se faisant appeler «Mbeurou Askan Wi», entendez le lutteur de la Nation, un titre inspiré de Mohamed Ndao «Tyson», le jeune lutteur, qui s’apprête à fêter ses 34 ans, dit ne pas accorder trop d’importance au mystique soutenant que tout ce qui peut arriver à l’être humain ne relève que de la seule volonté divine. «Il n’y a pas plus blindé sur le plan mystique que Balla Gaye 2, Modou Lô, Bombardier ou Eumeu Sène. Et pourtant, ils ont tous connu la défaite», fait-il remarquer.

Devenu lutteur grâce à Bombardier
Sociétaire de l’écurie Mbour, Big Pato a cheminé depuis sa tendre enfance avec Serigne Dia «Bombardier». S’il est aujourd’hui devenu lutteur, «c’est grâce à Bombardier» sous l’ombre de qui il a grandi. «Bombardier c’est un grand frère qui m’a élevé. J’ai partagé avec lui la même chambre pendant longtemps», se souvient le lutteur-policier.
Se montrant reconnaissant à l’endroit du mastodonte de Mbour dont le grand frère est son manager, le lutteur-policier est titulaire d’un Bac S au Lycée Demba Diop de Mbour. Pathé Diop a représenté dignement la police au Championnat universitaire en 2011 où il a remporté une médaille d’or tout en se faisant désigner meilleur lutteur du tournoi.
Après avoir raté sa vocation d’être pharmacien pour n’avoir pu poursuivre ses études parce qu’issue d’une famille peu aisée, le sociétaire de Mbour a continué de vivre sa passion du sport tout en s’engageant dans l’Armée en suivant les conseils de son oncle. Recruté comme auxiliaire de police avant de réussir le concours d’Agent de police, Big Pato a reçu la bénédiction de ses supérieurs hiérarchiques à la police dont le chef du Groupe­ment mobile d’intervention (Gmi) à Dakar, Ndiaga Diop, qui lui a confié qu’il éprouve de la compassion à voir ses adversaires lui «rosser» de coups.
Malgré cela, ce dernier ne manque pas souvent l’occasion de l’encourager comme le font le commissaire Ousmane Sy et l’ancien directeur de la Police nationale, Oumar Maal, devenu aujourd’hui ambassadeur.
Mais au juste comment concilier la lutte et ses fonctions de policier ? Détaché comme moniteur à l’école de Police, Big Pato est allégé de ses tâches pour disposer de suffisamment de temps pour préparer ses combats s’il arrive à en décrocher. Et pour couronner le tout, le lutteur-policier ne manque pour autant de caresser le rêve d’être le premier policier à être «Roi des Arènes» et d’offrir au Sénégal une médaille d’or en lutte Olympique. Des défis titanesques !

ambodji@lequotidien.sn

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