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Dans un pays où, faute de salles de projection, les gens ont perdu l’habitude de se rendre au cinéma, si l’on veut faire passer un message par ce médium, on est parfois obligé de trouver les gens dans leur environnement. C’est ce qu’a fait le Festival Films femmes Afrique, en allant projeter le film de Mame Woury Thioubou sur les non-voyants dans les quartiers populaires de la banlieue.

C’est en plein air que le film documentaire Agora Braille, réalisé par la journaliste-cinéaste Mame Woury Thioubou, a été projeté mercredi soir au quartier Diokoul Wague à Rufisque-Est. «Si on veut faire connaître le cinéma avec les histoires de femmes africaines et faire aimer le cinéma, on est obligé d’aller vers les populations et souvent de faire des projections en plein air», a indiqué Martine Ndiaye du Festival Films femmes Afrique (Fffa). Une action en parfaite adéquation avec l’orientation de l’association partenaire locale.  «On travaille dans le secteur de l’éducation et la majorité de nos films sont consacrés au secteur de l’éducation. C’est comme cela qu’on a collaboré avec Trait d’union pour une soirée de projection au niveau de Rufisque. Les salles fermées ne permettent pas de toucher le public le plus vulnérable. Pour l’avoir, il faut investir les quartiers populaires et la projection en plein air permet d’assurer l’accès, par les populations, à ces films qui les concernent directement», a estimé Omar Guèye, secrétaire général de l’Association Codou Samba Linguère films, se réjouissant de cette «première collaboration avec le Festival Femmes films Afrique».
Les populations sont sorties nombreuses assister à la projection du film documentaire qui sensibilise sur la question de l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, particulièrement les non-voyants. Des nattes dans les premières rangées pour les enfants, dont les élèves de l’école primaire de Diorga Chérif de Rufisque-Nord, où a été tournée une partie importante de la production, puis des chaises toutes occupées par des spectateurs parés contre le vent frais, en ce lieu situé à quelques encablures de la mer, et par d’autres personnes debout derrière eux pour suivre le film. «Je suis ravi de voir que les gens se sont intéressés au film», a lancé avec enthousiasme Aïssatou Pouye. Personnage principal de la réalisation, la non-voyante veut que le handicap ne soit plus considéré comme une entrave à l’éducation. «Il faut que la communauté sache qu’il y a des écoles inclusives pour les enfants en situation de handicap», a-t-elle fait savoir à la fin de la projection.
«Mon objectif est de porter ce plaidoyer pour sensibiliser davantage les pères et mères de famille. La projection dans les quartiers comme on l’a fait aujourd’hui participe à la sensibilisation», a-t-elle souligné. Après Dakar et sa banlieue, puis Rufisque (dernière étape pour la région de Dakar), le festival va se poursuivre dans les autres régions du pays, portant ainsi le plaidoyer sur les questions d’inclusion sociale aux populations de l’intérieur du pays.

abndiaye@lequotidien.sn

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