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Frontières, le film de Apolline Traoré, suit le périple de deux commerçantes sur la route de Dakar à Lagos. L’histoire débute à la frontière entre le Sénégal et le Mali. La première héroïne du film, qui entame pour la première fois un tel périple, fait face aux tracasseries douanières et policières. Elle devra livrer son intimité à un chef de poste frontalier afin de poursuivre son voyage. Elle aidera également un trafiquant à faire passer de la marchandise illégalement. Dès les premières minutes du voyage, on est tenté de mal juger la jeune dame mais au fur et à mesure que l’on poursuit le voyage, l’on se rend compte qu’elle a beaucoup d’empathie et cela causera à la fois sa bonne et sa mauvaise fortune.
Frontières, c’est surtout l’histoire d’une Sénégalaise, d’une Burkinabè, d’une Ivoirienne et d’une Nigériane vivant au Burkina Faso. Les  actrices principales de ce long métrage de 90 minutes dépeignent à merveille les tracasseries que connaissent les commerçants sur les routes. Ces rôles sont campés par Amélie Mbaye, Naki Sy Savané, Adizètou Sidi et Unwana Udo­bang. Des dames de talent qui ont réussi à faire résonner dans ce film, la voix de milliers de femmes d’Afrique.
Arbitraire, violences et même viol sont au menu de ce cinéma qui fait également un clin d’œil aux moyens rustiques de trans­port en commun avec les pannes et les accidents. L’his­toire que ra­conte Appoline Traoré est à la fois belle et tragique avec au final trois morts.
La réalisatrice a également réussi à ouvrir et présenter au monde de jolis décors de forêts, plages, savanes, collines d’Afri­que. «J’ai voulu à travers ce film dénoncer l’arbitraire et la violence des policiers et des douaniers sur les routes et à nos frontières… Vous imaginez pourquoi les hommes ne font pas vraiment ce commerce-là ? Parce que le résultat est très minime. Mais, elles, elles le font. Ce sont des commerçantes. Il y en a certaines qui arrivent à bien s’en sortir. Pour certaines, la marge est très minime, mais elles veulent garder cette indépendance», explique Apolline Traoré, qui reconnaît vouloir rendre hommage à ses sœurs tout en montrant les difficultés d’être une femme et surtout une commerçante en Afrique.
Pour beaucoup d’observateurs et critiques, ce film pourrait recevoir ce soir le prix spécial pour l’intégration décerné par la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Pas moins de quatre films en compétition évoquent la femme africaine. On peut citer, entre autres : Free de l’Ethiopien Kinfe Banbu. L’histoire est celle d’une lycéenne un peu rebelle qui se fait violer par des étudiants. L’héroïne d’Aïsha, du Tanzanien Chandé Omar. C’est une pharmacienne dynamique de Dar es Salaam qui part au pays pour marier sa petite sœur mais à cause de la jalousie des villageois, son retour s’achèvera par une tragédie.

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