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«Un air de Kora» de Angèle Diabang a obtenu le Grand prix national Annette Mbaye d’Erneville au Festival Dakar court métrage. Mais la réalisatrice Angèle Diabang a révélé que des pressions sont exercées pour em­pê­cher le film d’être vu par le public sénégalais.

La deuxième édition du Festival de court métrage de Dakar (Dakar court) s’est achevée ce samedi sur une bonne note avec la consécration du film de Laurence Attali, Tabaski, qui s’est vu décerné le Grand Prix Djibril Diop Mambety. Un air de kora de Angèle Diabang a obtenu le Grand Prix national Annette Mbaye d’Erneville. Venue récupérer son trophée sur la scène de l’Institut culturel français, la réalisatrice sénégalaise en a profité pour alerter sur une situation inédite. «Pour l’instant, je ne peux pas montrer le film à Dakar. Il a été montré ici à l’Institut culturel français mais c’est dans un cadre presque protégé.»
Poursuivant son propos, Angèle Diabang révèle que les Sénégalais de tous les quartiers ne pourront pas voir le film pour le moment, puisque des pressions sont exercées. D’où viennent les pressions ? A en croire Mme Diabang, les pressions viennent des deux communautés, musulmane et chrétienne. Il faut dire que le film Un air de kora est l’histoire d’un amour impossible entre Salma, jeune femme musulmane, voilée, et Frère Emmanuel, un moine catholique. Visiblement, l’histoire dérange des membres des deux communautés qui refusent que le film soit vu. «Je suis chrétienne, j’ai grandi avec des musulmans, j’avais déjà fait un film Sénégalaise et islam. Je fais aujourd’hui Un air de kora, ce n’est pour salir personne. Et j’ai juste envie qu’on me laisse montrer le film à tous les Sénégalais», lance-t-elle pour expliquer l’absence de promotion autour du film qui a pourtant remporté deux prix au dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) avec le Prix spécial de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de la meilleure réalisatrice et le Poulain de bronze de la compétition court métrage de fiction. Le film a également obtenu le prix du meilleur court-métrage africain 2019 aux African Movie Academy Awards (Amaa) au Nigeria. «J’ai parlé de ça aujourd’hui parce que j’ai reçu un prix», explique la réalisatrice qui annonce dans la foulée qu’une rencontre est prévue dans quelques jours pour essayer d’arrondir les angles. «La direction de la cinématographie a également reçu des pressions sur le film. On est dans le même bateau et on essaie de trouver une solution», précise Mme Diabang.

Baba Maal en grande forme
Les rideaux sont tombés sur le Festival du court métrage de Dakar. Organisé par l’association Cinemarek, le festival a réuni une sélection de 11 films. Le jury présidé, cette année, par la réalisatrice Euzhan Palcy et composé également de la créatrice de mode Selly Raby Kane, des réalisateurs-producteurs Bernie Goldblatt et Gora Seck et du critique de cinéma Olivier Barlet, a livré son palmarès. Ainsi, la mention spéciale du jury est allée au film Toi et Moi de Steven Kamdeu.
Le Prix de la meilleure interprétation féminine est allé à Fatou Ndiaye pour son rôle dans Aldiouma de Jun Gordon et Alassane Sy a obtenu le Prix d’interprétation masculine pour son rôle dans Sega de Idil Ibrahim. Le Prix de la distribution Sudu Connexion est lui allé à Rasta de Samir Benchikh. Le festival s’est achevé sur une note très festive avec un concert donné par un Baba Maal en très grande forme.

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