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Le Centre cinématographique Ousmane Sembène a accueilli samedi dernier la projection du documentaire «Abbé Jacques Seck, prêtre musulman, imam chrétien». Le journaliste et réalisateur Gilles Arsène Tchedji, qui dresse le portrait de l’abbé Jacques Seck dans ce documentaire, fait par la même occasion l’apologie du dialogue islamo-chrétien qu’incarne le prélat.

Il n’a suffi que de 52 minutes à Gilles Arsène Tchedji pour convaincre son public que toutes les religions se valent et qu’aucune n’est supérieure à l’autre. Dans son documentaire intitulé Abbé Jacques Seck, prêtre musulman, imam chrétien, le réalisateur fixe son optique sur la vie de l’abbé Jacques Seck, l’homme à la soutane blanche qui maîtrise les versets coraniques autant que les psaumes. En effet, il est persuadé qu’il ne doit pas y avoir de haine entre les différentes confessions religieuses, parce que «Jésus dit d’aimer tous les hommes» et dans le Coran, il est également dit que si Dieu le voulait, il n’y aurait pas autant de religions.
Aux yeux du religieux, le pluralisme des religions n’est en réalité qu’une volonté divine. Et c’est d’ailleurs sur ces propos que s’ouvre le documentaire. Invité à l’émission «L’Entretien» de la 2Stv, l’abbé affirmait cela : «C’est Dieu qui veut la pluralité.» Et donc lui aussi marche pour la pluralité. Et ce n’est pas qu’un vain mot pour l’abbé Jacques. Le réalisateur qui le marque au pas et le suit dans ses différentes missions montre combien ce religieux vit le dialogue islamo-chrétien. En réalité, abbé Jacques ne se contente pas seulement de prêcher dans l’église, il emprunte son bâton de pèlerin pour visiter les familles des différentes con­fréries religieuses au Sénégal. Mouride, Tidiane, Layène, l’homme d’église marche avec tout le monde et se promène d’ailleurs avec toutes les confréries dans sa poche. Oui, la photo du guide du Mouri­disme, Cheikh Ahmadou Bamba, ne le quitte jamais, apprend-on au fur et à mesure que le film se déroule. De même, les photos de Serigne Fallou Mbacké et de El Hadji Malick Sy tapissent les murs de sa chambre. Et dans sa bibliothèque, il garde un exemplaire du Saint Coran. Tout cela, pour démontrer que l’abbé Jacques est un homme de Dieu, un religieux dont la mission n’est autre que de servir de «liant», de «pont», conformément à la définition de l’archevêque de Dakar, monseigneur Benjamin Ndiaye. Ce dernier porte aussi son témoignage sur l’abbé Jacques Seck, tout comme l’homme politique Jean Paul Dias qui a partagé la même classe que Jacques Seck, des collègues abbés, sœurs, des fidèles et de simples gens avec qui il partage le village de Palmarin.
De Palmarin à Dakar, en passant par Thiès (où le prélat a fait une partie de son cursus), rien n’est laissé au hasard par la caméra de Gilles Arsène Tchedji. Et témoignage après témoignage, on redécouvre le visage de l’abbé Jacques Seck, un homme dont l’ouverture d’esprit ne cesse de surprendre. Aussi, pour le sociologue Djiby Diakhaté, mérite-t-il d’être porté en exemple et, bien au-delà, d’avoir toutes les reconnaissances.

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