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Keneen, long métrage du réalisateur sénégalais Cheick Diallo, est sorti en salle au Séné­gal ce jeudi. Ce film a été projeté au théâtre national Daniel Sorano. Les cinéphiles ont as­sis­té à un véritable sus­pens du début à la fin.

Après le Fespaco, Keneen, long métrage du réalisateur sénégalais Cheick Diallo, a été diffusé à Dakar. Le film d’une heure, 15 minutes et 28 secondes, projeté au théâtre national Daniel Sorano jeudi soir, n’a pas drainé du monde. Le contraire aurait été une surprise, car c’est un secret de polichinelle que de dire que les Sénégalais n’ont plus d’amour pour le grand écran. Pourtant, force est de constater que Keneen a conquis le cœur des cinéphiles qui ont effectué le déplacement. Les applaudissements des spectateurs à la fin attestent combien les gens ont aimé le travail du jeune réalisateur. «Je suis heureuse de voir ce travail. Je parle en tant que réalisatrice, je suis comblée», s’est réjouie la réalisatrice Fabineta Diop Diouf.
Commentant le style filmique, elle a laissé entendre que «dans ce film, on n’a pas de plan de coupe. On n’a pas beaucoup de monde. On a joué sur la lumière, le son et le rythme». Après la séance, le réalisateur n’a pas caché sa joie et sa satisfaction pour la «qualité» de son œuvre. Entre accolades et félicitations, Cheick Diallo a partagé ses sentiments. «Oh ! Je suis soulagé. Très content quand même. Parce que le public était là. Le peu de gens, je ne dirai pas peu, mais les gens ont répondu. Ceux qui étaient là, c’étaient des connaisseurs, des cinéphiles, des techniciens. Et là avec les commentaires des uns et des autres, on a su vraiment qu’ils ont apprécié le film à sa juste valeur», jubile-t-il.

 Une œuvre assez poignante
En effet, le visionnage du film par les Dakarois était pour Cheick Diallo une impérieuse nécessité. «Ce qu’il fallait chercher, c’est qu’au moins que les gens viennent voir le film.» Annoncé à 18 heures et demie, c’est une heure après que la salle, trop grande pour le public, a été plongée dans le noir. Le script fait défiler le nom des acteurs et tous les autres membres de l’équipe de tournage. Tout d’un coup, une voix masculine et une autre féminine résonnent : «Dieu créa les anges en premier, puis les djinns, enfin les humains. Ils vécurent dans des univers parallèles jusqu’à ce que…» S’ensuit un bruit assourdissant. Dans la salle, c’est un silence de cathédrale. La concentration atteint son paroxysme. Pas même un bourdonnement de mouche.
Tout le monde n’a d’yeux que pour Keneen qui relate des mœurs, la culture ; bref la réalité sénégalaise. Malheur et bonheur, amour et détresse, réalité et cauchemar, rires et larmes, la vie et la mort. Voilà les mots qui résument ce long métrage. Pour la petite histoire, «un homme a signé un pacte avec un djinn pour que chaque fois qu’il épouse une femme, cette dernière devienne la femme du djinn… On retrouve alors la femme morte», explique le réalisateur. Le mystère qui entourait le décès de l’actrice principale, retrouvée morte dans sa chambre, n’est pas un fait anodin pour les cinéphiles présents. Mais dans cette affaire, s’agit-il d’assassinat, de suicide ou de meurtre ? L’inspecteur de police a ouvert son enquête. La suite ? Allez voir le film !
msakine@lequotidien.sn

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