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Parallèlement à la conférence mondiale sur la liberté de la presse coprésidée par le Royaume uni et le Canada à Londres les 10, 11 et 12 juillet, un film sur la question a été projeté mercredi dernier à la résidence de l’ambassadeur de la Grande Bretagne au Sénégal. Il s’agit de «A Privat War» du réalisateur Matthew Heineman. Une occasion pour l’ambassadeur George Hodgson et Fatou Jagne Senghor, directrice régionale de Article 19, de rappeler les risques liés à l’exercice du métier de journaliste mais aussi les obligations des différentes parties prenantes pour renforcer la sécurité des journalistes.

Un vibrant hommage rendu au journalisme à travers une séance de cinéma à l’ambassade de Grande Bretagne au Sénégal, mercredi dernier. A Privat war, le film projeté est basé sur une histoire vraie. Celle de Marie Colvin, correspondante pour le journal The Sunday Times. Accrochés, les spectateurs n’ont pas senti l’humidité de la cour de l’ambassade de la Grande Bretagne à Dakar. Ils ont certes frissonné, mais non de froid. En effet, le long métrage relatant l’histoire de la journaliste américaine interpelle. L’héroïne n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de recueillir des informations. Sans protection, la correspondante part dans les zones les plus dangereuses au monde en période de conflit comme en Iran ou en Libye pour raconter l’histoire des personnes et celle des guerres. Perdre un œil n’a pas suffi pour la stopper. A force de détermination, elle a dévoilé les crimes de guerre et les nombreuses atrocités. Mais, la journaliste trentenaire, pleine de vie et d’humeur, qui rêvait d’avoir un enfant, fermera les yeux sur ce monde au cours de sa mission. Private War touche la sensibilité du public présent dans la cour de la résidence. «C’est un cas extrême de quelqu’un qui a donné sa vie pour sa carrière et pour son engagement», déclare George Hodgson, ambassadeur de la Grande Bretagne à Dakar, l’air heureux d’avoir visionné le film avec ses invités. Fatou Jagne Senghor, directrice de Article 19 Afrique de l’Ouest, est de la partie. «C’est un film très lourd qui retrace la vie de cette brave correspondante de guerre. Cette dernière déniche et met à la face du monde des réalités. La partie la plus attirante, ce sont ces visages humains qu’elle donne dans ses reportages. Ces visages des victimes, surtout des femmes et des enfants qui souffrent des atrocités. Cet angle la pousse à aller prendre des risques énormes, très difficiles», constate-t-elle. «Ça rappelle un peu les risques que les journalistes prennent pour donner au public l’information. Souvent, on n’a pas l’appréciation de tous les sacrifices pris, surtout par les reporters, pour pouvoir donner une information crédible», déclare Fatou Jagne Senghor qui a consacré une grande partie de sa carrière professionnelle à cette question de la liberté de la presse.

Un appel au respect du droit international
A Privat War, film biographique, se veut un hommage au journalisme, souvent attaqué. Il montre qu’il y a beaucoup de pays où les journalistes sont pris en tenaille par des lois ou par les vides juridiques qui les empêchent de travailler. «Partout dans le monde, il y a des journalistes qui poursuivent leur métier et qui sont menacés», souligne l’ambassadeur britannique. Beaucoup de pays se sont engagés dans des traités internationaux qui garantissent le respect de la liberté d’expression. Pour lui, il faut que «nous luttions tous pour faire en sorte que nos propres lois soient conforment avec ces engagements internationaux». A la conférence mondiale sur la liberté de la presse, il a été élaboré un plan d’actions pour soutenir les journalistes. «C’est celui de l’Onu qui cherche à protéger les journalistes. Et créer une mouvance qui va, dans les cas où les journalistes sont en difficulté, soulever cette question avec le gouvernement ou d’autres organisations qui mettent en danger les journalistes», renseigne le diplomate. Fatou Jagne Senghor qui est d’avis avec George Hodgson, déclare : «Nous voyons des journalistes emprisonnés juste parce qu’ils ont sorti des informations classées secret défense. Et l’accès à l’information est un cadre qui permet aux journalistes de faire leur travail en sécurité. Le cadre juridique doit être protecteur.» Selon elle, un Etat ne doit pas fermer les yeux lorsque les médias sont victimes. «L’im­punité est le plus grand défi. Lorsque les journalistes peuvent être attaqués, tués, les organes de presse saccagés, et qu’il n’y pas d’enquêtes indépendantes, pas de poursuites, ça crée la peur», fustige-t-elle.
Stagiaire

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