PARTAGER

Le documentaire Grand place de Annejo Brigaud a été projeté mercredi dernier au Théâtre national Daniel Sorano. Une œuvre qui raconte Saint-Louis, une terre d’histoire et de mémoire.

Métisse, Martiniquaise et Franco-Sénégalaise, artiste plasticienne, photographe, la cinéaste saint-louisienne, Annejo Brigaud, est aussi musicienne. Son documentaire Grand place qui a bénéficié de l’appui du Fonds de promotion à l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) a été projeté mercredi dernier. La réalisatrice, après la projection, souligne : «Grand place c’est l’espace de la parole, l’arbre à palabre que vous rencontrez dans bien de rues, c’est l’espace de causerie. A l’origine, ce sont les anciens  qui font le grand place, mais les jeunes maintenant prennent le relai à l’heure du couchant après la prière du timis souvent». «Grand place est un terme francophone, un terme qui appartient à l’histoire de ce pays et qui doit demeurer et prendre toute sa dimension», dit-elle. Le critique de cinéma, Baba Diop, livre poétiquement son impression sur ce documentaire. «Annejo Brigaud se sert de sa caméra comme d’un pinceau pour revêtir les murs de Saint-Louis de couleur safran, mais aussi de couleur cannelle. Une rime, une musique, les oiseaux et les fleurs de bougainvillier… Ce qui fait le charme de Grand place, c’est le fait d’avoir su capter l’âme de Saint- Louis», a-t-il relevé.
Après un voyage aux escales, soutenu par l’Institut français de Saint-Louis et la Compagnie du Fleuve, à bord du bateau Bou El Mogdad, jusqu’aux quais de Podor en passant par Dagana, Annejo Brigaud dans la réalisation de cette œuvre porte sa caméra de grand place en grande place avec le concours du vieux Samba Thiam. Le film a été sélectionné au 14ème Festival international panafricain du film à Cannes (Fifp) au mois d’avril dernier. La cinéaste explique : «J’ai voulu à travers ce film montrer une Afrique de sourire, une Afrique en paix, une Afrique où la maison de retraite n’existe pas. Le film aurait pu être titré : Vivons heureux en attendant la mort.» Baba Diop, lui, ne manque pas de qualificatifs pour analyser le contenu. «Annejo porte son film de grand place en grande place grâce au vieux Samba Thiam et elle montre la rue telle une page qui s’ouvre, une page qui se ferme. Elle illustre  de sujets qui commencent avec quelqu’un, puis celui-ci s’en va, un autre arrive», mentionne-t-il, avant d’ajouter : «Dans son film, elle illustre des thèmes comme l’éducation, la religion, le mariage, la pêche, la beauté des femmes, les enfants qui, à travers un personnage central, racontent Saint-Louis.»
«Je dis toujours que lorsque nos vieux se penchent, il faut nous inquiéter. Lorsqu’ils s’inclinent, il faut nous alarmer. Lorsqu’ils trébuchent, il faut nous affoler, car ils peuvent nous quitter. Cela fait 20 ans que j’essaie de faire ce film avec le vieux Thiam. Il fallait y croire et s’armer de patience», a expliqué Annejo qui se réjouit de léguer cette œuvre à la postérité. Ce film est une ode à l’amour, à toutes formes d’amour.
arsene@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here