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Le film documentaire «Poisson d’or, Poisson africain» de Thomas Grand et Moussa Diop a été projeté dans le cadre du cinéclub du Centre Yennenga. A travers des images captivantes et des témoignages poignants, les réalisateurs de ce film montrent la nécessité de protéger les différents travailleurs contre le danger que représente l’implantation d’usines de farine de poisson sur les côtes sénégalaises.

Poisson d’or, Poisson africain est un film documentaire qui évoque la situation de la pêche artisanale à Kafountine, en Casamance. Dès le début du documentaire, les réalisateurs Thomas Grand et Moussa Diop montrent toute la joie qu’éprouvent les pêcheurs lorsqu’ils sont en pleine mer. Ils chantent la bravoure et rigolent entre eux. A kafountine, les pêcheurs se font appeler les «nobles» parce que leur activité lucrative permet aussi de nourrir toute la sous-région. Chaque jour, de nombreux camions chargés de poisson fumé sont acheminés vers le Mali, la Guinée Conakry, la Côte d’ivoire, etc. En outre, localité située au Sud du Sénégal, en Casamance, Kafountine est l’une des dernières zones de refuge pour un nombre croissant de pêcheurs artisanaux venus de Mbour, Kayar, Gambie. Et, la pêche artisanale fait naître beaucoup d’autres activités : les porteurs de caisse, les décortiqueuses de poisson, les fumeurs de poisson, des travailleurs qui viennent de partout. Tous ne comptent que sur la mer. Thomas et Moussa saisissent, avec leur camera, les mouvements athlétiques des pêcheurs qui embarquent les filets, les interminables va-et-vient des porteurs de caisse, la fumée qui se dégage des fours, mais aussi les risques importants pour ces travailleurs dont le principal souci est de préserver la pêche artisanale qui les fait vivre. Ainsi, l’idée de l’installation d’une usine de farine de poisson les terrifie.
La situation était pourtant prévisible. Un an après, deux usines sont installées en Casamance, créant une «zone morte» et polluant l’atmosphère. Ainsi, les pêcheurs et tous les transformateurs et travailleurs migrants ont déserté les lieux. Cependant, une mobilisation citoyenne est née autour du Collectif Sos Yabooy qui a été mis en place pour la protection de certaines espèces très importantes pour les couches populaires de notre société. Son action se déploie à Kayar, à Joal, à Mbour et en Casamance. Cette lutte a permis la fermeture d’une usine le temps d’une enquête.

85 festivals, 27 prix remportés
Thomas Grand est le producteur et coréalisateur du film documentaire Poisson d’or, Poisson africain, avec Moussa Diop. Ils ont réalisé ce film avec les moyens du bord. Avec 5 000 euros soit un peu plus de trois millions de francs Cfa, les réalisateurs ont produit ce documentaire. «Etre notre propre producteur n’était pas forcément un choix au départ, mais une nécessité pour produire le film et y arriver jusqu’au bout parce que parfois, quand on a des thématiques sociales comme celle-ci, ce n’est pas facile de trouver des sources de financement. Les Ong ne vont pas forcément nous accompagner et les circuits de financement du cinéma ne sont pas faciles à atteindre», a expliqué Thomas Grand.
Ce film documentaire est aussi une occasion pour le producteur de rendre hommage à Samba Felix Ndiaye, décédé depuis maintenant 10 ans. «C’est très important pour nous de lui rendre hommage. Personnellement, c’est quelqu’un qui m’a tout appris dans ce métier, de la manière de réfléchir, de se rapprocher des gens. C’est quelqu’un qui m’a beaucoup ouvert de portes pour mieux faire mon métier. Et c’était tout simplement l’occasion de lui rendre hommage», témoigne Thomas Grand.

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