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Réagissant ces derniers jours lors de l’ouverture d’une rencontre qui a regroupé 50 maires dans la commune de Mékhé sur un projet dit de développement des éco-villes, Dr Macoumba Diouf, par ailleurs maire de la commune rurale de Lat Mbengué, estime que «dans l’écrasante majorité des communes rurales du pays, l’agriculture constitue le principal secteur économique qui permet de régler à la fois les questions de subsistance, de sécurité alimentaire et nutritionnelle, mais aussi de revenus». Or, «cette agriculture est quelque part dévoyée ou très affectée par des méthodes culturales dites modernes, mais très peu conservatrices et qui pourront difficilement contribuer à garantir une agriculture durable». Il salue ainsi la décision du ministère de l’Agriculture de promouvoir l’agro-écologie dans notre pays. «Laquelle forme d’agriculture se pose de nos jours comme la seule alternative pour assurer la sécurité alimentaire, surtout quand on sait que les estimations font état d’une croissance démographique mondiale de 9 milliards d’individus. Aussi les besoins alimentaires vont augmenter, alors que nous serons tous dans un environnement agraire des plus hostiles avec une forte pression foncière, une perte de fertilité des sols, un pouvoir d’achat très faible des producteurs». Pour dire, selon lui, «toute la menace qui pèse sur les exploitations familiales dans cet environnement précaire et même sur la planète quand on sait que ces exploitations familiales fournissent entre 80 et 95% de l’alimentation mondiale».
Des visions qui ont été largement partagées par le maire de la commune de Mékhé, Maguette Wade, selon qui «même s’il est vrai qu’il faut préserver les exploitations familiales, il demeure impossible d’assurer la sécurité alimentaire avec cette seule forme d’exploitation agricole, sauf si elle est mécanisée et bénéficie des résultats de la recherche». Pour l’élu, «si la volonté des décideurs est de s’appuyer sur les exploitations familiales pour assurer la sécurité alimentaire, ils se doivent de les accompagner en termes de mécanisation, voire de motorisation des outils d’exploitation, mais aussi en semences de qualité en plus d’une bonne ouverture sur le marché qui devra leur permettre d’avoir un bon rendement économique», car «quand on produit, c’est certes pour bien améliorer ses conditions de vie, mais c’est aussi pour avoir des revenus. Ce qu’il faut donc faire, c’est d’encourager les exploitations familiales pour permettre aux plus démunis de survivre et d’améliorer leurs conditions de vie, tout en promouvant le développement de grandes exploitations mécanisées. En somme, il devra s’agir de faire un mix entre la production mécanisée et celle classique pour arriver à des rendements et offrir en conséquence des emplois», car «au rythme où vont les choses, dans une quinzaine d’années environ, la demande de main-d’œuvre jeune va passer à 5 millions dont 2,5 millions, la moitié, dans la zone rurale. Ce qui pose la question de l’urgence qu’il y a à promouvoir et à développer les emplois verts pour le développement du pays». Il urge, selon Maguette Wade, que «les maires des communes rurales cessent d’être des maires réceptacles et travaillent à se faire entendre et participer à l’effort de développement. Si le gouvernement ne vient pas vers nous, il nous appartient d’aller vers lui. Idem pour les plans nationaux, car il faut nécessairement que l’on change de paradigme pour que les préoccupations des Sénégalais, surtout les plus démunis en zone rurale, puissent être prises en charge. Nous qui sommes en milieu rural, nous voulons une urbanisation, mais en gardant notre ruralité». Par conséquent, conclut-il, «ce qu’il faut c’est une planification qui tient compte des enjeux et des potentialités propres à chaque zone. Et à ce titre, il faudra que les autorités étatiques prennent langue avec la base, afin qu’ensemble nous puissions échanger sur des questions fondamentales, relativement à une prise en compte des réalités du milieu. Laquelle prise en compte est seule apte à permettre une bonne mise en œuvre des plans de développement porteurs d’un développement durable et répondre aux préoccupations des populations».

nfniang@lequotidien.sn

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