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Après son adoption par le Conseil des ministres, le projet de loi portant statut de l’artiste attend son passage devant l’Assemblée nationale. Mais déjà, le front des acteurs culturels laisse apparaître quelques fissures puisque la plateforme «Non au statut de l’artiste non concerté» critique la démarche des autorités.

Le projet de loi portant statut de l’artiste a été adopté en Conseil des ministres et doit être déposé prochainement sur la table de l’Assemblée nationale. Après quelques moments d’euphorie qui ont vu beaucoup d’acteurs de la culture saluer cette avancée majeure, des groupes sortent de l’ombre pour critiquer le processus qui a abouti à ce projet de loi. Réunis autour d’une plateforme dénommée «Non au statut de l’artiste non concerté», ces acteurs dénoncent la «démarche unilatérale» entreprise par le ministre de la Culture lorsqu’il s’est agi d’arrêter une décision qui consiste à fixer un statut aux artistes. Cette plateforme l’a fait savoir au cours d’une réunion tenue les 12 et 14 août 2020 par vidéo-conférence. «Cette décision a été prise seulement par les décideurs sans prendre l’avis des artistes», soulignent les animateurs de cette plateforme. «La plateforme nationale Non au statut de l’artiste non concerté, qui comprend plus de 3 000 artistes-comédiens sur les 14 régions, a décrié la décision des autorités en charge de la culture d’imposer unilatéralement un statut aux artistes de ce pays», dénonce Samba Mballo, coordonnateur de la plateforme et par ailleurs vice-président du Comité de relance du théâtre sénégalais. «Les artistes tiennent à rappeler que le processus qui devait aboutir à la mise en œuvre de mesures permettant aux artistes d’être dans de bonnes conditions découle des recommandations de 1980 de l’Unesco qui prévoient sept points majeurs : la formation, la protection sociale, l’emploi, la rémunération, la fiscalité, la mobilité et la liberté d’expression», explique M. Mballo. Pour le coordonnateur de la plateforme, «force est de constater qu’au Sénégal, aucun de ces points n’a fait l’objet de discussions avec les acteurs des sous-secteurs concernés. Et à ce jour, aucune organisation socio-professionnelle n’est en mesure de dire que ces points figurent dans le statut adopté par le gouvernement du Sénégal la semaine dernière à la grande surprise du monde de la culture». La plateforme constate aussi «qu’il y a une volonté manifeste des autorités de bâcler un instrument aussi important que ce statut, car les instruments majeurs permettant d’aboutir à un statut inclusif et efficace sont inexistants, en l’occurrence les dispositions de la Sodav prenant en compte les droits voisins qui jusque-là ne sont pas applicables aux artistes-comédiens et la mutuelle de santé des acteurs culturels qui, elle aussi, agonise du fait du manque de moyens».
Forte de tous ces constats, la plateforme compte se mobiliser en saisissant l’Assemblée nationale pour empêcher que cette loi passe, «sans exclure l’organisation de manifestations physiques pour faire comprendre au chef de l’Etat qu’une énième dérive est en train de se produire dans l’administration de la culture dans ce pays». Dans le même temps, Samba Mballo souligne que la plateforme «compte continuer les consultations afin de réunir l’ensemble du monde culturel et artistique pour que le contenu du projet de loi portant statut de l’artiste et des professionnels de la culture soit publique et discuté avant un quelconque vote».

Des associations professionnelles consultées
Malgré les affirmations de la plateforme, il faut dire que dans le cadre de la formulation de ce projet de loi, plusieurs associations culturelles ont été consultées et ont participé à l’élaboration du document. Plusieurs associations avaient ainsi été coptées dans le comité de rédaction. Par la suite, un séminaire a réuni à Saly des acteurs de différents secteurs artistiques pour plancher sur le document que le Conseil des ministres vient d’adopter.

 

1 COMMENTAIRE

  1. Malgré la pertinence des observations de la plateforme
    Ce statut, aussi limité qu’il soit est la bienvenue.
    C’est un acquis qui reste perfectible.

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