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Embarquement à bord du bolincheur Vag a lamm

La deuxième phase du Projet de géolocalisation des embarcations de pêche au Sénégal a démarré hier, au quai de pêche de Cayar. A l’initiative de l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) et du ministère de la Pêche et de l’économie maritime, en partenariat avec Wwf Allemagne, le projet vise à améliorer la sécurité des pêcheurs en mer.

Pour réduire les accidents en mer qui ont occasionné 140 pertes en vies humaines ou disparations en 2017 au Sénégal, l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), en collaboration avec le ministère de la Pêche et de l’économie maritime, a démarré hier, au troisième centre de pêche artisanale du Sénégal, Cayar, la deuxième phase du projet de géolocalisation des embarcations de pêche. Visant à améliorer la sécurité des pêcheurs en mer, il est en train d’être déroulé dans sa phase test sur trois sites. Il s’agit de Yoff, Cayar et Joal. Selon le Chargé du projet à l’Uicn, Moussa Pouye, l’objectif est de soutenir le ministère de la Pêche pour une bonne gestion des ressources naturelles. Il explique : «Il y a deux volets dans ce projet. Il s’agit du volet sécuritaire et celui de la surveillance et la transparence. Le tout consiste à trouver des moyens techniques et des solutions qui permettent de régler le problème des disparitions en mer» car, de l’avis de M. Pouye, «c’est un problème très sérieux qui préoccupe les autorités sénégalaises». A ce titre, des balises de géolocalisation sont installées à bord des embarcations. Lesquelles équipées d’un système de sécurité qui permet aux pêcheurs une fois en difficulté, en panne de moteur ou en perte de repérage en milieu maritime, d’appuyer sur un bouton installé dans l’appareil pour lancer une alerte qui sera affichée au niveau des postes de surveillance avec une position exacte du pêcheur. «Cela va permettre aux autorités de gagner du temps dans les recherches de sauvetage, mais aussi de gagner en termes de ressources parce que l’immensité de l’océan, si vous n’avez pas la position, vous ne pourrez pas exactement savoir où chercher les disparus. Et avec ces balises, les autorités en charge de la surveillance seront exactement où aller pour sauver les pêcheurs en cas d’accident», affirme le chargé du projet de géolocalisation des embarcations de pêche au Sénégal à l’Uicn qui estime que 26 appareils de géolocalisation sont installés à bord d’autant d’embarcations de pêche artisanale dans les trois sites de la phase test du projet. Et l’objectif final, renseigne Moussa Pouye, «c’est d’équiper toutes les pirogues de ce système pour permettre aux pêcheurs d’aller en mer et de revenir en sécurité, mais aussi aux autorités qui gèrent le domaine de l’exploitation des ressources de la pêche d’avoir des données fiables pour pouvoir efficacement contrôler le secteur pour une durabilité des ressources naturelles». Mais déjà, signale-t-il, «nous allons d’abord valider le test avec les acteurs et les autorités. Et une fois que tous les aspects techniques seront validés, nous allons nous lancer dans une phase de mobilisation de fonds pour élargir ce projet au niveau national, c’est-à-dire de Saint-Louis jusqu’à Kafountine». A sa suite, le coordonnateur du Conseil local de la pêche artisanale (Clpa) de Cayar, El Hadji Moussa Kane, et le chef du Service départemental des pêches et de la surveillance de Thiès, Alioune Mbaye, ont tour à tour salué le projet qui, selon eux, vient à son heure. Pour M. Mbaye, «les périodes de pêche de Cayar coïncident très souvent avec les fortes houles. C’est pourquoi nous enregistrons tout le temps des disparitions en mer». Aussi, poursuit-il, «il nous arrivait, quand il y avait une embarcation perdue en mer, de faire travailler aussi bien la marine et l’Armée de l’air. Et cela coûtait excessivement cher à l’Etat du Sénégal». Mais avec ce système, relève-t-il, «les dépenses seront réduites et nous gagnons également en temps pour sauver les victimes».

nfniang@lequotidien.sn

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