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Dans le cadre de l’exécution de ses activités de promotion d’une meilleure compréhension des migrations fondées sur les droits humains, la Fondation Heinrich Böll Stiftung a fait une étude qui fait office de bilan, qui révèle une répétition dans la mise en œuvre des politiques et programmes migratoires de 2005 à 2019, mais également leur faible impact sur les populations en dépit d’importants efforts et financements.

La Fondation Heinrich Böll Stiftung a fait une étude qui fait office de bilan qu’elle a commanditée sur la migration au Sénégal de 2005 à 2019. Que peut-on retenir cette étude qui a été spécialement destinée à parcourir un certain nombre de projets et programmes liés à l’émigration sénégalaise dans laquelle l’Union européenne a injecté plus de 200 milliards de francs Cfa ? Selon Pr Mamadou Dime, qui a réalisé cette étude, les politiques et programmes existants entre 2005 et 2019 ont été mis en œuvre dans le but de dissuader l’émigration irrégulière et de fixer les candidats à l’émigration ainsi que les personnes retournées dans leurs terroirs. Cela, explique-t-il, par l’intermédiaire d’initiatives destinées à favoriser dans lesdits terroirs, le développement et l’accroissement du potentiel entrepreneurial des jeunes et des candidats à l’émigration. Il ajoute : «De 2005 à 2019, on note l’absence d’une ligne politique claire et cohérente ainsi qu’une discontinuité dans la gouvernance des enjeux et défis posés par les migrations.» Le tout, enchaîne-t-il, «sur fond de tâtonnements et d’improvisations au gré notamment de l’évolution de la conjoncture nationale et internationale au sujet des migrations mais surtout des pressions exercées par l’Union européenne et certains Etats membres comme la France, l’Espagne et l’Italie». A travers cette étude, la Fondation Heinrich Böll révèle qu’il est noté des répétitions sans fin dans les programmes et projets, les objectifs et les modalités de mise en œuvre. Par conséquent «il a été mis en lumière un faible impact de ces projets et programmes mis en œuvre ainsi que leur faible appropriation par les populations locales notamment dans les zones de départ». Selon Dr Selly Ba, coordonnatrice du Programme démocratie de la fondation, malgré les efforts consentis et les financements importants, il ressort de leur étude un bilan mitigé. Car, «ce qui est noté c’est un cercle vicieux, des répétitions dans les programmes et projets, des financements importants et malgré tout on a appris un chavirement de pirogue récemment», dit Mme Ba qui confie que la fondation a été motivée par ces faits pour faire cette étude sur ces questions relatives à la migration au Sénégal de 2005 à 2019. D’après ladite étude, le montant (plus de 200 milliards) injecté dans ces programmes et politiques qui visaient essentiellement à «décourager les migrations», à été réparti comme suit : 60% des financements sont faits dans la période 2015-2019, 35% entre 2012-2015 et enfin 15% de 2005 à 2012. A en croire la fondation politique verte allemande, 25% des programmes et politiques ont été consacrés à l’amélioration des conditions socio-économiques dans les zones de départ, 25% à la réintégration des migrants de retour, 20% au renforcement des moyens de contrôle des frontières, 15% à la lutte contre les migrations irrégulières, 10% à la sensibilisation sur les dangers de l’émigration irrégulière et enfin 5% à l’appui institutionnel.

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