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Louise Cord, Directeur des opérations de la Banque Mondiale au Sénégal.

Une nouvelle grille concernant les émoluments du personnel des unités de gestion de projets et programmes financés par la Banque mondiale au Sénégal a été adoptée par la Banque mondiale et le ministère de l’Economie, des finances et du plan. Une circulaire cosignée des deux institutions note que des changements ont été apportés pour maintenir «les rémunérations dans les limites raisonnables et éviter une concurrence malsaine entre les projets».

La Banque mondiale et le ministère de l’Economie, des finances et du plan ont adopté une nouvelle grille réglementant les «émoluments du personnel des unités de gestion de projets et programmes financés par la Banque mondiale au Sénégal». Les deux entités l’ont fait savoir dans «une circulaire conjointe ayant pour but de remplacer la précédente grille des indemnités applicables, de fixer les avantages en nature ainsi qu’une prime annuelle de mobilité». Elles soulignent que «les rémunérations du personnel clé des projets financés par la Banque mondiale seront dorénavant fixées suivant deux critères principaux : le volume financier d’une part et la qualification et l’expérience du contractuel d’autre part». La note circulaire précise : «Les contractuels sont répartis en trois catégories : Mini (pour le coordonnateur c’est moins de 10 ans d’expérience Bac+3, Médium (pour le coordonnateur entre 10 et 20 ans d’expérience et Bac+5) et Maxi (toujours pour le coordonnateur + 20 ans d’expérience et Bac+8). En ajoutant que «les années d’expérience à considérer doivent être jugées pertinentes et en lien direct avec le poste».

Pas plus de 3 millions pour le coordonnateur
Le document explique que le but est de maintenir «les rémunérations dans les limites raisonnables et éviter une concurrence malsaine entre les projets». C’est ainsi qu’on relève dans la grille des rémunérations que pour un projet dont le financement va jusqu’à 10 milliards, le salaire du coordonnateur du projet se situera entre 1 million 800 et 2 millions 200 et celui du spécialiste de passation de marchés oscillera entre 1 million 035 mille et 1 million 712 mille 867. Pour un financement entre 10 et 50 milliards, les émoluments du coordonnateur seront compris entre 2 millions et 2 millions 600 mille francs Cfa. Le spécialiste de passation de marchés percevra entre 1 million 171 mille 800 et 1 million 930 mille 384. Le projet dont le financement est de plus de 50 milliards permettra à son coordonnateur de percevoir entre 2 millions 600 mille et 3 millions, tandis que le spécialiste de passation de marchés aura entre 1 million 331 mille 100 et 2 millions 209 mille 535 francs Cfa.
De cette manière, on peut penser que les différents coordonnateurs de projet dans lesquels sont injectés des financements de la Banque mondiale ne pourront plus se payer sur la bête à leur guise. Des personnes bien informées de certains ministères ajoutent qu’il s’agit d’éviter des abus de la part des personnes affectées à ces projets, ainsi que des frustrations de la part de leurs collègues qui, eux, restent à la disposition de la Fonction publique sénégalaise.
La note souligne que «dans tous les cas, le premier contrat offert ne peut donner droit à un traitement qui dépasse le ‘’Médium’’». Il est également précisé que «l’adoption de la nouvelle grille ne signifie pas que les rémunérations actuelles seront revues systématiquement à la hausse, les disponibilités financières devant être prises en considération surtout pour les projets en voie de clôture». En assurant néanmoins qu’elle «offre une possibilité de progression qui sera définie suivant la performance dûment évaluée». D’ailleurs, la note explique que «les règles et critères de progression doivent figurer dans les manuels de procédures et seront communes à tous les projets». «La progression dépendra à la fois de la performance individuelle de l’agent et de la performance globale du projet», a-t-on dit. S’agissant des avantages en nature, le document renseigne qu’une «dotation en carburant d’un plafond de 200 litres mensuels sera attribuée à tout véhicule de service pour les déplacements professionnels». Même l’utilisation des véhicules de service est bien précisée dans la note circulaire.

Normes et évaluation de performance
Dans leur document conjoint, la Banque mondiale et le ministère de l’Economie donnent aussi des spécificités sur le type de contrat. Dans la rubrique portant normes et évaluation de performances, il est dit que le contractuel doit s’engager «à fournir les services conformément aux normes professionnelles et déontologiques les plus exigeantes». Le document ajoute qu’une «première évaluation conjointe des performances contractuelles est conduite par le coordinateur la première année après 6 mois de services». Par la suite, soulignent les décideurs, «des évaluations régulières sont effectuées conjointement entre le contractuel et le coordinateur pour chaque tranche de services d’une durée de douze mois». Le but étant «d’identifier le degré d’achèvement des objectifs et du plan de travail, les points forts et les points les plus faibles qui méritent une attention particulière», est-il expliqué. Il est également imposé au contractuel un devoir de «réserve pendant la durée du contrat et les deux années suivant son expiration».
Il faudrait aussi retenir que l’exécution des contrats se fera, bien entendu, sur la base du respect des politiques de la Banque concernant «la corruption et les pratiques frauduleuses».
dkane@lequotidien.sn

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