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Parmi les contraintes liées au développement de l’aquaculture, l’aliment de poisson y figure en premier. C’est fort de ce constat que l’entreprise Avisen, à travers l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), a fait une donation de 10 tonnes d’aliments de poisson hier à 12 fermes piscicoles en activité, ayant des ruptures de stocks d’aliments qui peuvent impacter négativement la production aquacole. Cette donation vient en appui «aux stocks habituels d’aliments que l’Ana livre aux promoteurs piscicoles du Sénégal sans parti pris». «Ce don d’Avisen qui est une société qui s’active dans l’aviculture qui s’intéresse maintenant à la pisciculture est une très belle initiative qui entre dans le cadre de la responsabilité sociétale de l’entreprise et nous sommes très heureux», a magnifié Magatte Ba, directeur général de l’Ana. Qui pense en outre que la pisciculture est d’autant plus intéressante qu’il faut penser à l’équité territoriale. «Nous sommes sur la frange côtière où le Sénégalais moyen consomme plus de 29 kilos par an, parce que 29 kilos c’est la moyenne. Mais si vous allez vers l’intérieur du pays, vous allez trouver une consommation de moins de 5 kilogrammes par habitant et par an. Alors que le Dakarois, il a 40 kilogrammes par habitant et par an. Donc c’est par la pisciculture qu’on va arriver à régler les problèmes de sécurité alimentaire», a affirmé M. Ba. Concernant le coût élevé de l’aliment, Magatte Ba a affirmé que l’aliment a un coût. Mais il y a une évolution dans le marché. «Il y a l’aliment qu’il faut rendre disponible. Et pour faire une production de poissons à un certain niveau, il y a une masse critique de production qu’il faut faire pour impacter le coût de l’aliment. Donc il y a une sorte de cercle vicieux qu’il faut casser ici et je pense que c’est le sens du geste d’Avisen», a-t-il dit. A l’en croire, il y a une bonne évolution de la production aquacole nationale qui est passée de 371 tonnes en 2012 à plus de 2 000 tonnes aujourd’hui. «En 5ans, on a fait plus de 92% sans discontinuer et les dernières années avec la contrainte de l’aliment, il y a eu une difficulté par rapport à la production, mais il y a une reprise sur le terrain, parce qu’il y en a qui s’intéressent de l’aliment de poisson», précise M. Ba.
Pape Seck, cogérant de la société Avisen, éprouve quant à lui du plaisir à participer au développement de la filière aquacole. «Il y a une grande similitude entre aviculture et pisciculture. Cette étape que nous vivons aujourd’hui, il y a 20 ans l’aviculture ne l’avait pas atteinte. C’était très difficile. Je rêve que demain l’aquaculture occupe la même place et que d’ici quelques années 2 poissons consommés sur 3 proviennent de l’aquaculture», a-t-il souhaité, avant d’avertir : «Il y a urgence. Il y a une raréfaction de la ressource halieutique. Donc il faut nécessairement de nouvelles stratégies pour subvenir aux besoins des populations». Revenant sur les difficultés que rencontrent les pisciculteurs, Alassane Diop, leur président, a dit : «On a des problèmes d’aliments. L’aliment rentre à hauteur de 70,75% du coût de production du poisson. Donc plus le prix de l’aliment est élevé, plus nous aurons des difficultés pour écouler notre production. J’appelle les producteurs sénégalais à suivre les pas de Pape Seck (Avisen).»

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