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Transmise à l’homme par la salive des animaux infectés, notamment les chiens enragés et à la suite de morsure, la rage sévit de façon endémique et pose un problème de santé publique au Sénégal. Entre 1995 et 2017, les services vétérinaires ont rapporté 90 cas de rage canine et la clinique des maladies infectieuses de Fann a déclaré 80 cas de rage humaine. Les services déconcentrés du ministère de l’Elevage et des productions animales rapportent régulièrement des cas au niveau des équidés et des ruminants. «Entre janvier 2017 et avril 2018, sur les 28 cas de rage rapportés, deux concernent les bovins, trois les petits ruminants et deux autres les ânes, soit 27% du total», indique le ministre de l’Elevage et des productions animales. Aminata Mbengue Ndiaye s’exprimait hier à l’ouverture de l’atelier national d’élaboration d’un plan d’action intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal selon l’approche «Une seule santé». L’idée de cette rencontre qui se tient du 28 mai au 1er juin 2018 à Dakar est de faire une évaluation complète des activités réalisées au niveau national sur la rage et d’élaborer une stratégie nationale de lutte contre la maladie et un plan d’action.
Chaque année, s’indigne Aminata Mbengue Ndiaye, des pertes en vies humaines dues à la rage sont enregistrées suite à des morsures de chiens enragés.
Face à cette menace liée à la propagation de la maladie, l’Etat du Sénégal a mis en place un programme national de lutte contre la rage d’un coût de 764 millions de francs Cfa. Ainsi, 9 325 chiens domestiques et 23 mille 542 chiens errants ont été abattus entre janvier et septembre 2017.
Le ministère de l’Elevage a par ailleurs entrepris depuis plusieurs années la vaccination subventionnée des chiens domestiques et le contrôle de la population de chiens errants fortement impliqués dans la transmission de la rage et dans l’entretien du virus. «En moyenne, 1 000 à 2 000 vaccins sont réalisés et 3 000 chiens éliminés chaque année à l’échelle nationale», renseigne le ministre.
Cependant, l’élimination des chiens errants n’est pour le ministre qu’un maillon de la lutte contre leur prolifération. «D’autres volets, à savoir la lutte contre les dépôts sauvages d’ordures, la stérilisation des femelles et la castration des mâles sont tout aussi importants», soutient Aminata Mbengue Ndiaye, selon qui la lutte contre la rage nécessite la combinaison de plusieurs outils dont la lutte contre prolifération des carnivores errants, la vaccination, la sensibilisation et obligatoirement la prise en charge des personnes exposées. «Pour être efficace, la lutte contre la rage doit reposer sur un programme intégré, une définition précise des activités de chaque secteur, notamment l’élevage, la santé, l’éducation, l’environnement, les collectivités locales, la sécurité… et un budget approprié», détaille-t-elle.
L’organisation de l’atelier, placé sous le sceau de l’approche «Une seule santé», vise à doter le Sénégal d’un plan d’action national intégré de lutte contre la rage avec l’objectif d’éliminer la maladie à l’horizon 2030.
Au niveau mondial, la rage constitue également une menace au regard de son impact sur la santé publique. La maladie cause chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), près de 77 mille décès, majoritairement des enfants en Afrique et en Asie. «44% des 77 mille décès humains dus à la rage ont lieu en Afrique, classant le continent comme étant à haut risque», a souligné Reda Lebtahi, représentant du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) au Sénégal, chargé de programme. Reprenant les statistiques du Bureau des experts de la rage du continent africain (Afroreb), M. Lebtahi indique que 50 à 60% des victimes ont moins de 15 ans.
Il est également établi qu’une personne meurt toutes les dix minutes de cette maladie et que plus de 95% des cas humains de rage sont dus à des morsures de chiens infectés.
ksonko@lequotidien.sn

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