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Les pouvoirs publics envisagent très sérieusement de contraindre les citoyens à rester chez eux. La progression rapide du Covid-19, qui suscite des fortes inquiétudes, a contraint le gouvernement à envisager cette mesure, qui devrait être annoncée dans un délai très proche.

La situation sur le front du Covid-19 ne s’améliore pas. Si le Sénégal n’a pas encore, à ce jour, enregistré de morts -Dieu merci !- le nombre de personnes infectées lui, ne diminue pas pour autant. Hier et avant-hier, le pays a comptabilisé neuf nouveaux cas d’infection, portant le chiffre général de personnes touchées par le coronavirus à 34, pour la journée d’hier. Cette progression rapide de la maladie commence à inquiéter sérieusement au plus haut niveau de l’Etat, et les autorités envisagent le plus sérieusement à renforcer les mesures de coercition, pour freiner les niveaux de contamination.
Le Quotidien a appris que, si la situation ne s’améliorait pas, dès la semaine prochaine, une nouvelle étape sera franchie, et sera radicale. Il s’agira, comme en France et auparavant, en Italie, de prendre des mesures de confinement strict pour tous les déplacements jugés non indispensables. Et ce sera, au plus tard, la semaine prochaine déjà. Au plus haut niveau de l’Etat, les modalités de mise en œuvre d’une telle mesure sont déjà à l’étude.
Les têtes d’œuf de la République sont en train de plancher sur les conséquences économiques et sociales que cette mesure pourrait avoir, et la manière dont l’Etat pourrait y faire face. Il faut avoir à l’esprit que, contrairement aux pays développés du Nord, les revenus ne sont pas garantis pour la majorité de ménages. Nombreux sont ceux qui ne peuvent compter que sur leurs recettes journalières pour assurer la consommation de la famille. C’est le cas des petits marchands des marchés et des places publiques, ainsi que des marchands ambulants. C’est aussi le cas de nombreux métiers de l’informel qui, comme les mécaniciens, maçons, apprentis-chauffeurs et autres, se disent contraints de braver tous les interdits pour assurer le bol de riz à leur maisonnée. Comment pourrait-on assurer que ce monde respecte une quelconque mesure de confinement, si on ne lui garantit pas des ressources ?
Il est vrai que certaines communes d’arrondissement, à Dakar et à l’intérieur, ont déjà commencé à prendre des décisions de fermeture de marchés. Puisque ces décisions sont parcellaires, les concernés pensent toujours aux moyens de les contourner. Néanmoins, quand elles seront généralisées, elles seront plus difficiles à contourner. Mais sans mesures d’atténuation sociale, les pouvoirs publics devraient se préparer à de grandes difficultés pour les faire respecter.

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