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Des acteurs culturels se préparent déjà à accueillir le Musée des civilisations noires (Mcn), qui doit s’ouvrir avant la fin de l’année. Le ministère de la Culture, les galeristes et le Mcn ont tenu une réunion hier pour explorer ensemble les pistes de collaboration.

Les galeries sénégalaises seront nécessairement des partenaires privilégiés du Musée des civilisations noires (Mcn), dont l’inauguration est prévue au dernier trimestre de cette année. L’affirmation vient du ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly. Ce dernier présidait une rencontre entre son ministère, la direction du musée et les galeristes du Sénégal.
Cette réunion a servi de cadre hier pour permettre aux participants de revenir sur les conditions de mise en place du musée, la définition du contenu, l’orientation globale et la philosophie de ce musée. Ainsi, le Directeur général de Mcn, Hamady Bocoum, dans sa présentation, a montré ce que le musée doit être, et ce qu’il ne devrait pas être. Notamment, faire en sorte que ce musée ne soit pas subalterne, qu’il soit dans le temps du monde. «Cela veut dire que dans ce musée, on va vous parler le langage de notre temps. Et le langage de notre temps aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle, ce sont des multimédias. Vous aurez plus d’électroniques, de multimédias et d’interactivités dans ce musée que d’objets», explique M. Bocoum. Lequel renseigne aussi que le joyau doit être un musée de rencontre et d’échanges, il doit éviter d’être un fossé, il doit suivre l’évolution de la production intellectuelle artistique.
Egalement, les partenaires doivent faire en sorte que le musée soit un musée de l’histoire africaine. «Vous voyez le débat qu’il y a avec Macron, pour la restitution des œuvres qui ont été illégalement spoliées aux artistes africains. C’est important mais c’est une petite partie de notre trajectoire historique, et nous allons nous intéresser bien sûr à ça et à la production contemporaine», a dit M. Bocoum. Ce qui fait dire à M. Coulibaly, que «les galeries sénégalaises jouent un rôle fondamental de ce point de vue. Toute la partie contemporaine du Mcn sera le lieu d’hébergement et d’accueil de tout ce qui constitue la production culturelle contemporaine, en particulier dans l’art plastique». Le ministre pense ainsi, que les galeristes sont les mieux placés que l’Etat pour définir des orientations par rapport à ces questions. «Chacune de vos galeries a une histoire, un patrimoine, une vocation, voire spécialisation que nous reconnaissons et respectons. Il est donc évident que le musée peut trouver avec chacune d’entre vous des convergences permettant d’entretenir avec votre communauté des relations de franche collaboration», réitère-t-il.
A l’en croire, en s’inscrivant dans la très longue durée, le musée reste attentif à la production contemporaine ainsi qu’aux expressions multiformes du patrimoine culturel immatériel. «C’est vous dire que nous avons besoin de toutes et de tous et qu’aucun partenaire ne sera de trop pour la réussite de ce musée qui, après son ouverture officielle, devra vivre à travers le renouvellement constant de ses expositions et la programmation d’activités scientifiques et culturelles», promet l’ancien ministre. Il sera un membre d’une communauté active et plurielle, va-t-il poursuivre, qui fait de Dakar un acteur de plus en plus important du renouveau culturel en Afrique, «comme en témoigne l’immense succès de la biennale dont la 13e édition est partie pour être un cru très relevé». «Je sais que la plupart des galeries abriteront des expositions de la biennale, ce qui traduit une synergie effective avec le ministère de la Culture que le Mcn va renforcer en mettant à chaque fois que cela est possible, ses équipements au service de la communauté», promet davantage M. Coulibaly.
mfkebe@lequotidien.sn

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