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Doter les populations d’une capacitation leur permettant de connaître les instruments juridiques nationaux et internationaux, relatifs à la protection des droits humains dans le secteur extractif : Tel est l’objectif du Comité sénégalais des droits de l’Homme (Csdh), en partenariat avec Oxfam, qui a organisé hier, à Thiès, un forum régional sur la vulgarisation de ces instruments juridiques.

La première région minière du Sénégal, Thiès, a abrité hier un forum régional sur la vulgarisation des instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs à la protection des droits humains dans le secteur extractif. Une rencontre initiée par le Comité sénégalais des droits de l’Homme (Csdh) en relation avec Oxfam. Il s’agit, en effet, de doter les populations impactées par l’exploitation des ressources minières des communes de Mboro, Darou Khoudoss, Pout, Ngoundiane, Cayar, Ngagne Diouf et Diass, d’une capacitation qui puisse leur permettre de connaître ces instruments juridiques. Selon le président du Csdh, Me Pape Sène, «l’objectif c’est de disséminer les instruments juridiques de protection afin de permettre aux relais communautaires et aux populations impactées, mais également aux autorités administratives et locales qui sont concernées à s’approprier l’ensemble du dispositif international régional et national pour mieux protéger les droits humains dans le secteur des industries extractives». Selon M. Sène, «l’exploitation des industries dans notre pays est accompagnée d’un certain nombre de problèmes parmi lesquels la violation des droits humains dans ces zones minières». Lesquelles sont «la pollution et la dégradation de l’environnement liées à l’exploitation des phosphates». Egalement, «nous avons aussi des types de violations qui sont le corolaire de la dégradation de l’environnement sur le plan de la santé. Nous avons aujourd’hui une atteinte aux droits à la santé parce que l’exploitation minière dans ces zones cause très souvent des maladies comme celles pulmonaires et la tuberculose. Lesquelles maladies sont souvent causées par les rejets de déchets toxiques, mais également par la pollution de l’air et de la nappe phréatique et des autres surfaces». Il signale que «ce sont là des exemples de violation des droits humains dans le domaine du droit à la santé et de l’environnement». Et cela, sans compter du non «alignement des travailleurs dans ces industries extractives, conformément aux standards internationaux et nationaux. La législation du travail est bafouée au quotidien par ces multinationales». Selon Me Pape Sène, «ce sont des problèmes qu’il faut évoquer avec les populations, la société civile, les autorités administratives et locales pour qu’ensemble nous puissions trouver des solutions». Toute raison, selon le président du Csdh, de la mise en œuvre du projet «Pour une gouvernance des ressources minérales et des finances publiques contre la pauvreté et les inégalités au Sénégal» pour lutter contre les inégalités sociales et la pauvreté. Abdoul Aziz Diop, membre de l’Observatoire national pour les respects des droits humains dans le secteur extractif, revient sur la pertinence du forum qui va faire «la jonction entre les technostructures, les élites et les zéro-structures, les masses. Cela veut tout simplement dire au niveau des organes comme les comités sénégalais, mais également l’Itie, c’est la conception et la stratégie, mais la vulgarisation et l’appropriation c’est au niveau des communautés qui sont propriétaires de ces ressources et qui vivent aussi les externalités négatives. C’est pourquoi aujourd’hui, dans le cadre de ce forum régional, nous avons convié tous les points focaux de la région de Thiès. Nous allons continuer dans notre stratégie avec des fora communautaires, des émissions interactives en langue locale pour que ces populations puissent mieux comprendre et comment exercer leur droit constitutionnel conféré par l’article 25». Pour ce membre de la coalition Publiez ce que vous payez, «sur le terrain, il y a de bonnes lois et de bons textes, mais qui sont violés au quotidien. Et nous voulons accompagner les populations pour qu’elles passent de l’indignation à l’action. Mais l’action intelligente et pacifique en demandant leur droit».
nfniang@lequotidien.sn

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