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La préservation du littoral national préoccupe au plus haut point le chef de l’Etat. Les promoteurs de projet immobilier tentés par l’idée d’ériger des édifices sur cette partie du territoire national devront se raviser. Les nombreuses complaintes des populations de la banlieue dakaroise, qui se sont faites insistantes ces derniers temps, ont fini par trouver une oreille attentive auprès de la plus haute autorité du pays. Puisque le communiqué du Conseil des ministres daté d’hier renseigne que le Président Macky Sall, à propos du littoral national, a demandé au gouvernement «d’examiner les modalités d’aménagement et d’exploitation de la Grande Côte (de Dakar à Saint- Louis), en vue de valoriser davantage les zones côtières concernées.» L’élabo­ration d’un plan rigoureux et cohérent de protection du littoral national en général et de la Grande côte, en particulier est aussi attendue du gouvernement par le président de la Répu­blique. Qui a instruit le Premier ministre «de lui faire un rapport circonstancié sur la situation foncière et immobilière le long de la bande des «Filaos», qui fait l’objet d’une grande convoitise, suite à la réalisation de la nouvelle voie de dégagement nord (Vdn)».

Pour une attention particulière au secteur de la pharmacie
Par ailleurs sur un autre registre, la sécurité des officines s’est invitée à la table du Conseil des ministres. Le meurtre d’un vigile et d’un agent d’officine à Ndioum est encore frais dans les mémoires. Ce qui a poussé le chef de l’Etat à plaider pour qu’une attention particulière soit accordée «au secteur de la pharmacie, en veillant à l’amélioration des conditions de sécurité des officines et à l’interdiction stricte de la vente illicite de médicaments de la rue».
Le chef de l’Etat a aussi évoqué le «fonctionnement des structures sanitaires et l’accès des populations à des soins de qualité». Militant pour leur amélioration, Macky Sall a demandé au ministre de la Santé et de l’action sociale «d’accélérer la mise en place des services d’accueil et d’urgence (Sau) dans les établissements publics de santé». Mais aussi «de procéder à l’actualisation de la tarification officielle des consultations et services offerts par les structures sanitaires publiques et privées». Il invite aussi son gouvernement à «réfléchir à la mise en place d’un mécanisme national de Régu­lation des services de santé, en vue d’un meilleur contrôle technique et d’une évaluation permanente de la qualité des soins de santé offerts aux usagers.»
Du gouvernement, le Président Macky attend qu’il examine «en rapport avec tous les acteurs concernés, les modalités pratiques de la mise à disposition de plateaux techniques de standard international au niveau des structures hospitalières». De mettre aussi «en œuvre un plan de redéploiement des médecins généralistes et spécialistes, dans toutes les régions du pays».
mdiatta@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Le PR MACKY SALLL ET SES GRANDS TRAVAUX: des Milliards jetés dans un Desert? Autoroute Diamniado – AIBD/ Trains Express Régional/ Pôle urbain de Diamniadio
    L’urbanisation est devenue, avec le changement climatique en cours, l’un des phenoménes sociaux récents dont l’évolution impacte le plus sur l’avenir des pays en voie de developpement.
    A l’instar des pays du Nord qui ont vécu cette mutation depuis plus d’un siécle, les pays africains sont en train d’expérimenter le douloureux passage d’une société rurale à une société urbaine; les gouvernants actuels, mal préparés à ce “saut qualitif vers le progrés”, subissent les contrecoups d’une demande sociale exigeante en infrastructures, en équipements collectifs et en services sociaux de base (eau potable, électricité, transports, éducation, etc…): de plus en plus, les villes connaissent des manifestations parfois violentes ou, mieux, les autorités municipales ou étatiques sont débarquées lors des élections et, trés souvent, à leur grande surprise
    Au Sénegal, nous assistons à deux dynamiques qui laissent les urbanistes et Aménagistes dubitatifs sur la capacité de nos gouvernants à promouvoir un développment urbain harmonieux
    Concernant précisement le secteur spécial des infrastructures lourdes,nous avons assisté à deux options d’amenagement totalement opposés depuis 2001
    Tout le monde l’a constaté: avec l’arrivée au pouvoir de Me WADE en 2000, les Sénegalais ont vu surgir de terre des infrastructures de grand standing, à l’image de l’autoroute à péage, de l’aéroport AIBD ou encore des équipements collectifs de derniére géneration (tunnels, ponts à six étoiles, voiries urbaines modernes et assainies, Universités, grand Théatre, Chantiers de Thies, etc…)
    A postériori, nous pouvons dire que ces “grands travaux” repondaient à une exigeance sociale avérée avec les embouiteillages monstres vécus à l’époque ou encore la dégradation avancée de la voirie urbaine/interurbaine et la vétusté des équipements collectifs
    A l’analyse, et dans la pratique, nous pouvons dire que ces “travaux pharaoniques” constituaient une politique de rattrapage qui ont été bien accueillis par les Sénegalais du fait de l’impact de ces travaux sur le profil urbain de la capitale (et peu de citadins ont parlé de gaspillage à l’époque malgré les milliards engloutis de maniére peu transparente)
    A contrario, depuis que le President Macky Sall est aux commandes, nous assistons à un phénoméne “insolite” et nouveau dans le domaine de l’urbanisation
    Les “grands travaux” entamés par le President Sall ne correspondent pas à une demande sociale identifiée et, à moyen terme, n’auront pas d’impact sur le quotidien des citadins
    Ces ” grands chantiers de l’émergence” relevent plutôt de la volonté du Prince qui, sans nul doute, veut bien faire mais n’a consulté personne, contrairement à son predecesseur. Et, comme le dit l’adage”quand on decide toujours tout seul, on risque de se tromper lourdement tout seul”
    Prenons quelques exemples de ces “projets décalés” avant de tenter une reflexion globale sur quelques mesures correctives car les infrastructures lourdes, une fois ancrées dans le sol, sont irreversibles
    – Le Pôle Urbain de Diamniadio (80 milliards de fr Cfa): pour la premiere fois dans la riche histoire urbaine de la région de Dakar, nous assistons à la création d’une “ville virtuelle” sans lien physique avec les autres centres urbains mais, surtout, sans planification dans un PDU (Plan Directeur d’Urbanisme); rappelons seulement que Dakar est la plus belle ville d’Afrique de l’Ouest grâce aux cinq PDU qui ont jalonné son histoire depuis sa création en 1862.
    Aussi, la localisation du nouveau Pôle urbain pose un probléme fondamental: le site est “hostile” à une urbanisation de type moderne (urbanisation verticale moins bouffeuse d’espace) car ne pouvant supporter ni immeubles ni espaces verts du fait de la qualité argileuse du sol; ce qui préfigure également des difficultés pour l’amenéé de reseaux divers (eau, assainissement et voiries) mais aussi la plantation d’arbres ou d’espaces verts pour créer un micro climat dans cette zone de forte chaleur
    L’Autoroute Diamniadio -AIBD (120 Milliards de fr Cfa): une question s’impose: Quelle logique économique soustend la réalisation d’une autoroute aussi couteuse? Peut on construire une infrastructure d’environ quatre cent milliards qui ne servira qu’à desservir quelques centaines de voyageurs? Face à l’incrédulité des urbanistes et aménagistes, on a accollé à l’autoroute en cours une autre autoroute de prolongement jusqu’à Mbour; le cas échéant, il aurait été plus judicieux de redimensionner et éclairer la route de MBour existante et de réaliser des bretelles pour l’Aeroport et les autres villes environnantes afin de créer un maillage fort de la zone
    Le Train Express Régional Dakar AIBD: ( 400 Milliards de fr Cfa): Quelle logique économique soustend la réalisation d’une voie ferroviaire aussi couteuse?Peut on construire une infrastructure d’environ quatre cent milliards qui ne servira qu’à desservir quelques centaines de voyageurs? Ici, le plus inquiétant c’est, avec le coût financier important, l’impact social risque d’affecter des milliers d’habitations sur le tracé du Ter
    Nous pouvons également mettre dans ce lot “d’infrastructures du desert”, l’Autoroute Thies- Diourbel…
    La particulité qui frappe celui qui traverse ces infrastrucutres et projets en cours est l’absence d’âme qui vive dans ces zones, de veritables deserts entourés de béton
    Certains brandiront l’argument classique de “l’utilité pour les génerations futures”, il suffit rappeler qu’à chaque géneration ses priorités incompressibles et les priorités actuelles tournent autour de la formation professionnelle des millions de jeunes déseouvrés et découragés, la santé, l’éducation et le monde rural
    Pour les urbanistes, un concept opératoire simple permet de determiner la pertinence voire l’efficience d’une infrastructure lourde: le Bilan= Coût sur Avantage; c’est à l’issue de cette prospection qui prendra en compte tous les aspects du projet urbain que l’Autorité doit prendre sa décision. Cette méthode repose, au préalable, sur des études urbaines et statistiques et des recherches locales qui sont toujours necessaires pour une bonne prise de décision.
    Les projets susnommés ont ils été passés par ces filtres ou sont ils nés d’une volonté venue d’en haut?
    En conclusion, certaines mesures correctives peuvent être prises par le President Macky sall dont personne ne remet en cause sa détermination à faire du Sénegal un pays émergent.
    Dans le but de ne pas alourdir ce cri du coeur d’urbaniste, nous reviendrons dans une prochaine contribution sur certaines grandes mesures correctives qui peuvent faire de ces “grands travaux pour l’emergence” une politique comparable à la politique du “New deal” réalisée par le Président Roosevelt

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