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La construction en cours du mur de protection de la voie du Train express régional (Ter) met les populations de Colobane 1 (Rufisque-Est) hors de leurs gonds. A la faveur d’une manifestation d’humeur tenue dimanche, les femmes du quartier, arborant des brassards rouges à l’occasion, ont étalé leur grande colère. «Personne ne nous a entendues depuis le début des travaux. Nous inhalons de la poussière tous les jours, les personnes âgées ne peuvent plus se déplacer et avec l’hivernage, cela a empiré avec des fossés remplis d’eau représentant une menace pour nos enfants», a dressé Ndèye Ngom comme calvaire quotidiennement supportée. «Aujourd’hui, c’est un mur qui vient nous fermer qu’ils sont en train de construire ; ce qui augmente l’insécurité dans la zone. Pire encore, la distance entre le mur et les maisons fait moins d’un mètre à certains endroits. Comment accéder à ces maisons dont la porte d’entrée est collée aux rails», a posé la dame. «Que l’on nous dédommage pour que l’on quitte ou que l’Etat trouve une solution à notre problème», a-t-elle enchainé. «Le mur est à 4 mètres de notre garage, donc aucune voiture ne peut plus y entrer», a déploré un autre membre du groupe de manifestants. Le leader de Leral Askanwi, venu témoigné sa solidarité aux protestataires, a décrié la procédure mise en place dans le cadre du projet du Ter. «Ce mur, c’est le mur de Berlin qui vient asphyxier les habitants. Ce que l’entreprise Eiffage est en train de faire ici, elle n’ose pas le faire dans son pays la France. Les populations sont tétanisées par ce projet qui a causé des dégâts énormes chez les populations», a assuré Omar Faye. «Sur tout son tracé à Rufisque, le Ter cause peine et désolation chez les populations et ce qui est grave, c’est qu’on n’entend pas nos autorités locales réagir malgré les nombreuses récriminations des populations», a dénoncé le tonitruant leader de Leral Askanwi.
Ces habitants de Colobane, qui ont lancé la première alerte à travers cette mobilisation, ne comptent pas en rester là. «Le Président Macky Sall nous a demandé nos cartes qu’on lui a données. Aujourd’hui, il veut un second mandat, mais il doit penser au bien-être des populations. Nous saurons quoi faire à l’élection de février», a menacé Ndèye Ngom. «Nous n’allons pas faiblir dans notre mouvement et allons recourir à tous les moyens possibles», a-t-elle fini par dire.
abndiaye@lequotidien.sn

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