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Travailler pour améliorer le taux de couverture de protection sociale : c’est l’un des défis à relever en Afrique. Dans ce cadre, la Cnts, à l’occasion de la célébration de son cinquantenaire, a rassemblé les organisations africaines afin de débattre des difficultés liées au financement du régime de protection sociale et aussi des réformes en cours dans les différents pays en Afrique.

Au Sénégal, seuls 10% de la population ont accès au système de protection sociale. Il a été constaté que plus de 80% de la population évoluant dans le secteur informel n’en bénéficient pas. C’est pour voir comment inverser cette tendance que la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), dans le cadre de la célébration de son cinquantenaire, a organisé un atelier sur les systèmes de protection sociale en Afrique. L’objectif étant d’échanger sur les bonnes pratiques et les expériences. Lors de l’ouverture de cette rencontre, Mody Guiro, secrétaire général de la Cnts, a fait savoir que l’intention de son organisation «est de rassembler les organisations africaines afin de débattre des difficultés liées au financement du régime de protection sociale et aussi sur les réformes en cours dans les différents pays en Afrique». D’après lui, au-delà de partager les bonnes pratiques, il s’agira de «définir une position commune face aux réformes préconisées par la conférence interafricaine de la prévoyance sociale et réfléchir sur comment travailler ensemble sur l’avenir». Mody Guiro rappelle que «la protection sociale est l’une des conquêtes les plus révolutionnaires du monde du travail obtenue de haute lutte». Il a ainsi plaidé la nécessité de travailler ensemble pour «définir des positions communes, porter la voix des travailleurs au niveau des instances gouvernementales et des institutions pour dire non aux tentatives de réformes qui ne visent qu’à réduire le pouvoir des partenaires sociaux dans les institutions de prévoyance sociale». Selon lui, il ne faut pas que les réformes soient en deçà de ce qui a été obtenu de haute lutte. Sur cette question, la directrice de la Protection sociale a tenu à rassurer les syndicalistes. D’après Fatoumata Dramé, «ces réformes se feront de façon concertée et avec les différents acteurs dans le cadre des relations privilégiées entre le secteur privé et le secteur public afin de prendre en compte tous les leviers pour assurer leur plein succès». Poursuivant ses propos, Mme Dramé estime que «la protection sociale est considérée par notre pays comme un investissement au même titre que les infrastructures». A l’en croire, «il est de plus en plus établi que les investissements en protection sociale contribuent largement à la croissance économique par leurs effets sur la consommation, le développement du capital humain et la réduction des inégalités sociales».
Abondant dans le même sens, le secrétaire général de la Confédération syndicale internationale/Afrique (Csi), Mamadou Diallo, soutient que résoudre la question de la protection sociale «participe en grande partie à la résolution de la pauvreté dans le monde». Tout en soulignant par ailleurs la faiblesse du taux de «couverture actuelle de la protection sociale», M. Diallo attire aussi l’attention sur «les crises qui affectent l’emploi, l’industrialisation et les opportunités d’emploi, le niveau très bas des salaires et la précarité des emplois». Tous ces facteurs, renseigne-t-il, constituent «un grand risque sur la pérennité de la protection sociale même pour ceux qui en bénéficient aujourd’hui». Pour lui, dans le cadre des réformes pour un bon système de protection sociale, il faudra trouver des solutions pour le financement et aussi insister sur la volonté politique. «Ce qui fait changer un pays, une société, c’est la volonté politique», a-t-il dit.

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