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Les meuniers veulent vendre le sac de 50 kg de farine à 16 mille 200 francs au lieu de 13 mille 500, prix en cours sur le marché.

Depuis un semestre, le prix de la tonne de blé a flambé de 40 euros. Et non seulement cela n’a pas été répercuté sur le prix de la farine, mais au contraire la concurrence a favorisé une dégringolade du prix du sac de farine, selon les meuniers. En principe, souligne Claude Demba Diop, le sac devrait être cédé, selon le décret ministériel, à 16 mille 200 francs Cfa. «Mais il s’est retrouvé sur le marché à moins de 13 mille 500 francs Cfa ces derniers temps», a déploré jeudi le président de l’Asso­ciation des meuniers industriels du Sénégal (Amis) à l’issue de leur rencontre avec le ministre en charge du Commerce. D’après M. Diop, pendant plus d’un semestre, les industriels ont vendu à perte. «Sur chaque tonne, on perdait environ 40 mille francs. Ce qui est indécent pour un investisseur», regrette-t-il. Le président de l’Amis indique par ailleurs que les boulangers qui auraient pu être les premiers bénéficiaires de cette baisse ont bizarrement été les plus perturbés.
Le deuxième gros perdant dans cette affaire est l’Etat qui rate des recettes relativement importantes et injustifiées. «La Tva est normalement assise sur le prix de cession du sac. Or ce qu’on a vu, c’est au lieu de payer 18% sur 16 mille 200 francs, l’Etat n’a collecté à un certain moment que 18% sur un sac de 13 mille 500 francs ou 13 mille francs», rapporte M. Diop. Ce qui est malheureux aussi, souligne-t-il, «c’est que le consommateur qui aurait pu profiter de cette baisse drastique du prix du sac de farine n’a aucunement senti cette baisse et finalement personne n’est gagnant».
Cette prise de conscience a amené les meuniers à signer avant-hier un protocole d’accord portant sur 15 points relatifs à la production de farine au Sénégal. Il s’agit, entre autres, de revoir les prix entre les différents types de farine, de stabiliser la capacité de production des unités industrielles, des sanctions pour tout dépassement de quota.
Pour le président de l’Amis, le protocole représente la volonté de ses pairs à stabiliser la filière.
Ils vont essayer de voir comment corriger leurs erreurs, afin qu’en 2019 ils partent sur des bases un peu plus «sérieuses» et stabiliser complétement la filière. Cela, pour faire revenir le sac de farine au prix normal de 16 mille 200 francs Cfa et celui de la farine améliorée à 16 mille 700 francs Cfa. Au cas contraire, les meuniers vont procéder à un quota.
«Chaque meunier aura droit à une quantité qui lui sera octroyée durant le mois et le cumul de ces quotas individuels répond à la demande nationale et même sous régionale, parce que dans ce quota, la farine exportée est comprise», explique le meunier. Au total, c’est une quantité de 42 mille 400 tonnes de farine par mois qui sera mise à la disposition des consommateurs.
A la fin de chaque trimestre, les industriels vont faire une évaluation pour voir ceux qui ont respecté les quotas consensuels et les fauteurs seront sanctionnés par l’Etat. En interne, il est également prévu une sanction de 15% sur tout dépassement et la recette sera reversée à l’Amis pour son fonctionnement.
ksonko@lequotidien.sn

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