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Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Barthélemy Dias, Bamba Fall, Idrissa Diallo, entres autres dissidents, ont été exclus par le Parti socialiste. Cette décision qui concerne 65 personnes a été validée à l’unanimité par le Bureau politique.

«C’est fini maintenant !» Tel un ouf de soulagement, le débit mélodramatique de la voix du porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, scelle le sort de Khalifa Sall, Barthélemy Dias, Aïssata Tall Sall, Bamba Fall, Aminata Diallo, Idrissa Diallo, Moussa Taye, Youssouf Mbow et autres. Une page s’est donc tournée samedi, lors d’une séance du Bureau politique. Et pour la circonstance, en guise de prévention contre toutes représailles, la Maison Léopold Sédar Senghor est quadrillée par des éléments de la police. Les évènements du 5 mars 2016 sont encore chauds dans les mémoires. L’enceinte décorée d’une meute de véhicules témoigne également de la détermination de Ousmane Tanor Dieng et ses camarades d’en finir avec les frondeurs. La cour ne désemplit pas de gros bras alors que dans le hall, l’accès est interdit aux personnes étrangères. Dans les discussions, le poids politique de Khalifa Sall et Cie est débattu, le temps que le vent frisquet caresse leur visage.

Cadeau d’anniversaire à Khalifa Sall
Pour sceller le sort des «rebelles», les gros pontes socialistes ont également fait le déplacement. Abdou Khadre Cissokho, Aminata Mbengue Ndiaye, Assa­ne Masson Diop, Serigne Mbaye Thiam… Au terme de plusieurs heures de huis clos, le couperet tombe en milieu d’après-midi sur les dissidents socialistes. A sa sortie, Ousmane Tanor Dieng, véritable star du jour, pose avec des militants, car la suite de la journée donne les raisons de sa mine radieuse. «Le Bureau politique décide d’exclure purement et simplement de ses rangs les camarades dont les noms vont vous être cités pour actes de violence graves, indiscipline caractérisée, refus systématique de respecter les règles de démocratie interne ainsi que les décisions et orientations majeures des instances régulières, activités politiques parallèles, actes de défiance, constitution d’organisations à caractère politique poursuivant les mêmes objectifs que le Parti socialiste, atteinte à l’image du parti, de ses instances dirigeantes et de ses intérêts stratégiques», tonne Me Moussa Bocar Thiam, porte-parole adjoint du Ps. De son côté, Abdoulaye Wilane renchérit qu’«aucun membre du Bureau politique ne s’est ni opposé ni abstenu de l’exclusion de ces camarades».

Menace de traduction en justice
En filigrane, Ousmane Tanor Dieng qui fête l’anniversaire de ses 71 ans aujourd’hui semble avoir fait un cadeau anticipé à son cadet-maire de Dakar qui célébrait ses 62 ans hier depuis la prison de Rebeuss. Avec cette décision, le Ps réaffirme son «ancrage» dans la coalition Benno bokk yaakaar, mais «tout en préservant (ses) intérêts majeurs», nuance Ousmane Faye, membre du Bp. Le 16 décembre dernier à Kaolack, les partisans de Khalifa Sall ont, avec «265 membres» du comité central, lancé la campagne de vente des cartes du Ps des valeurs qu’ils revendiquent. En riposte, Abdoulaye Wilane a dévoilé un spécimen de la «vraie» carte du Ps dont le prix est fixé à 500 francs Cfa et qui sera mis en vente à partir de janvier. Mais à l’endroit des exclus, Moussa Bocar Thiam avertit : «Le Bureau politique, en définitive, se réserve dès à présent le droit d’ester en justice contre tout usage sans autorisation des couleurs et symboles du Parti socialiste ou contre toute autre action à son nom.»
bgdiop@lequotidien.sn

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