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Dr Serigne Moustapha Sène, Dpee.

Les dépenses d’investissements sont en hausse au Sénégal. Mais selon le Directeur de la prévision et des études économiques (Dpee), Dr Serigne Moustapha Sène, les efforts doivent être maintenus pour combler le gap qui sépare notre pays des autres Etats comme le Maroc ou les Iles Maurice.

Ces dernières années, les dépenses d’investissements n’ont cessé de croitre au Sénégal. Mais selon le Directeur de la prévision et des études économiques (Dpee), Dr Serigne Moustapha Sène, «l’accroissement de la productivité a plus d’incidence sur les performances économiques du pays qu’un accroissement des investissements». Dr Sène qui faisait hier, une présentation sur la Dyna­mique de l’investissement privé dans le contexte du Pse, note que pour l’année 2017, les Inves­tissements directs étrangers (Ide) sont attendus à 2,7% du Produit intérieur brut (Pib). Serigne Moustapha Sène note que le Sénégal n’investit pas moins que les autres pays. «Mais une bonne chose est d’investir, une autre, c’est d’investir dans le bon secteur.» A ce propos, M. Sène constate qu’il n’existe pas encore un secteur phare qui tire l’économie comme en Ethiopie où les dirigeants ont fait le choix d’investir massivement dans l’industrie et l’agriculture. Selon le Dpee, aucun secteur n’est mis en avant, même si le secteur industriel est dans une bonne dynamique de croissance drainée par les performances dans l’industrie alimentaire et manufacturière. En termes d’investissements dans ce secteur, M. Sène expli­que  que le Sénégal «a un gap à combler par rapport à des pays comme Maurice ou le Maroc». Sur le plan de la productivité, la Dpee note que l’industrie et les Btp ne s’améliorent pas beaucoup, tandis qu’une légère progression est notée dans les commerces et le service.
Le volume actuel de l’investissement privé tourne autour de 1 665 milliards, selon El Hadji Ndiogou Diouf, Directeur de cabinet du ministre de la Promo­tion des investissements, des partenariats et du développement des téléservices de l’Etat.  Il indique en outre, que sur ce volume d’investissement, 87% sont faits par le privé national. M. Diouf en appelle ainsi à une nouvelle approche pour accroitre le rôle du secteur privé à travers le parachèvement des réformes initiées dans le cadre du Programme de réforme de l’environnement des affaires (Preac). Seulement, les contraintes restent nombreuses. Et M. Abdou­laye Ly, directeur des Investis­sements,  note au plan interne l’insuffisance de l’information sur les opportunités et la gouvernance des affaires. Il ajoute que les entreprises, informelles à 60%, éprouvent des difficultés à constituer les garanties exigées par les banques en matière de crédit. Pour ces dernières également, M. Ly indique qu’elles sont confrontées à la faiblesse de leurs fonds propres, ce qui limite les financements à long terme. «Le besoin essentiel du Sénégal c’est le crédit à long terme», estime M. Ly.
Le représentant du Conseil national du patronat (Cnp), Pape Ibrahima Bèye, abonde dans le même sens, en mettant en exergue la forte pression fiscale à laquelle les entreprises sont confrontées. Il souligne également, que dans le cadre du Pse, le secteur privé national n’a pas été associé à la définition et au choix des projets. Autre grief des patrons, selon eux, dans les pays les plus riches, les voyages des dirigeants sont toujours une occasion pour le secteur privé de s’ouvrir à d’autres opportunités d’affaires, sous la conduite du Président. Ce qui n’est toujours pas le cas au Sénégal.
mamewoury@lequotidien.sn

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