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La Société civile veut être impliquée dans l’élaboration des contrats pétroliers, gaziers et miniers, l’Assemblée nationale dénonce une mise à l’écart et les journalistes déplorent les difficultés d’accès à l’information… Au cours d’un panel, les compagnies du secteur minier ont fait face aux complaintes des acteurs.

Le soutien des entreprises pour la publication des contrats progresse. Cependant, la majorité des entreprises évaluées par Oxfam dans 40 pays accusent un retard concernant la transparence des contrats. C’est l’une des conclusions de l’enquête 2018 d’Oxfam rendue public hier à l’occasion d’un panel regroupant divers acteurs du secteur minier. Lors des débats, la publication et la compréhension des contrats étaient au centre des préoccupations avec un plaidoyer pour une diversification des acteurs. Au banc des accusés, les sociétés Total et Kosmos energy répondent qu’elles font la promotion de la transparence au sein de leur boîte. Cependant, notent-elles, en l’absence de la volonté du gouvernement, elles ne peuvent pas se mettre dans une situation de concurrence. «A un certain moment, si la compagnie prend la responsabilité de répondre à un certain nombre de questions, c’est comme si elle prenait la place de l’Etat. Dans cette situation, on préfère observer la neutralité», s’explique Mamadou Mar Faye de Kosmos energy.
Une posture adoptée par Jean-Francois Lassalle de Total pour qui sa société «n’a aucun problème avec la publication des contrats». D’ailleurs, s’agissant du contrat qui lie le Sénégal au géant pétrolier français, «il est en train d’être analysé» par la coalition Publiez ce que vous payez, informe Abdoul Bousso, vice-président de cette plateforme. «Nous considérons que le gouvernement a fait un pas en publiant le contrat qui nous donne un faisceau d’informations sur lequel nous pouvons passer», souligne M. Bousso. En tout état de cause, l’Assemblée nationale devrait être associée dans le processus. C’est l’avis de Cheikh Oumar Sy, président du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minières. «On parle plus de la Société civile, des compagnies pétrolières, du gouvernement, mais ceux qui sont élus par le Peuple n’ont pas été interrogés dans ce document. Nous avons un schéma au Sénégal dans lequel l’Assemblée nationale n’est pas dans le processus de signature du contrat. A un moment, on a senti que le gouvernement est réfractaire pour que l’Assemblée nationale joue son rôle dans le cadre de ces contrats», dénonce l’ancien député.
Pour sa part, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) regrette les difficultés d’accès à l’information auprès des compagnies pétrolières et gazières. «Les compagnies pétrolières doivent se rendre plus disponibles pour répondre aux journalistes concernant les contrats et leurs activités. Il est extrêmement difficile d’avoir un interlocuteur crédible», a souligné Mamadou Ndiaye, directeur des études du Cesti.
bgdiop@lequotidien.sn

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