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Birahim Seck, coordonnateur du Forum civil.

Le Conseil d’administration du Forum civil, à la suite du Congrès national sur la justice fiscale en vue de lutter efficacement contre les flux financiers illicites tenu ce week-end à Saly, a exigé des corps de contrôle la publication de leurs rapports.

Le Forum civil a tenu ce week-end son congrès national sur la «justice fiscale en vue de lutter efficacement contre les flux financiers illicites». Un moment de partage et d’échange avec l’ensemble de ses sections sur la question des flux financiers illicites. Selon Birahim Seck, son coordonnateur, cette rencontre vise à les sensibiliser sur les causes et les méfaits des flux financiers, ainsi que sur les ressources minérales avec le dernier rapport de l’Itie. Cela, afin d’emmener le gouvernement à beaucoup plus de transparence sur les exonérations fiscales. Rappelant l’invite du chef de l’Etat en Conseil des ministres sur les exonérations fiscales, le coordonnateur du Forum civil s’est offusqué du fait qu’en voulant recadrer les exonérations fiscales, le gouvernement a signé et adopté un projet de texte relatif à une convention de non double imposition avec la Turquie. «Je me demande pourquoi la Turquie devrait bénéficier de cette convention à double imposition, ce qui est en porte-à-faux avec la volonté de réduire, de recadrer les exonérations. C’est pourquoi on s’est dit, il faut impérativement la transparence, mais également inciter la direction générale des Impôts et domaines à publier les rapports sur les dépenses fiscales. On ne va jamais cesser de le dire. Nous invitons aussi les corps de contrôle, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat, les autres corps de contrôle de publier leurs rapports, parce que cela participe à améliorer la lutte et la prévention contre les flux financiers illicites», a déclaré Birahim Seck. A son avis, les flux financiers illicites causent beaucoup de soucis aux pays africains. A preuve, souligne-t-il, le dernier rapport de Tambo Mbeki a montré que le flux financier de ceux qui quittent l’Afrique pour aller vers les pays occidentaux tourne autour de 50 à 80 milliards de dollars par an, sans oublier de rappeler qu’au Sénégal, ça tourne autour de 166 millions d’euros par an. Donc, estime M. Seck, «il est impératif aujourd’hui, avec tous les scandales qu’on connaît, avec cette absence de sanction, de prendre les devants, parce qu’on le veuille ou pas, si on ne lutte pas contre les flux financiers illicites bien entendu, il y aura une désorganisation des organisations ou bien des instances terroristes qui vont s’attaquer fondamentalement aux pays africains. C‘est ce que des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina sont en train de vivre». Pour mieux conforter ses propos, Birahim Seck a précisé que les différents rapports qui ont été produits récemment avec les instances internationales montrent que la plupart des pays qui sont confrontés au terrorisme au niveau africain sont au bas de l’échelle avec des inégalités assez galopantes dans ces localités-là. «Le Niger est à la dernière place, 189e dans le classement, le Mali 184e, le Burkina 182e, le Sénégal 166e place. Et si vous prenez tous ces pays qui s’enlisent dans la pauvreté, ils sont tous dans la zone rouge dans l’indice de perception de la corruption, alors qu’on nous dit dans le rapport de l’Itie, le domaine minéral à injecter dans l’économie est de 122 milliards de francs Cfa. Si vous allez au Niger, ils produisent 45 tonnes d’or par an, le Mali la même chose, le Niger 9 tonnes par an, le Sénégal avec le dernier rapport de l’Itie a produit au moins 8,51 tonnes par an. Comment ces pays-là qui sont assez riches s’enlisent dans la pauvreté, dans la corruption et que le gouvernement ne prenne pas les mesures pour arrêter cette hémorragie ? Donc ça pose un énorme problème de volonté politique», considère le coordonnateur général de l’antenne de Transparency international au Sénégal.

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