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La coalition «Publiez ce que vous payez» (Pcqvp) exige de l’Etat du Sénégal la publication des derniers contrats pétroliers signés, notamment celui avec Total. Elle l’a fait savoir hier, en marge d’un forum multi-acteurs sur le contenu local dans le secteur extractif organisé par l’Entente régionale de ladite coalition.

Une lumière «Total», c’est ce qu’exige la coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp) de la part de l’Etat du Sénégal. Selon le coordonnateur régional Afrique de l’Ouest francophone de ladite coalition, Demba Seydi, malgré les efforts de l’Etat en publiant un certain nombre de contrats, il reste encore d’autres contrats et mémorandums qui ne le sont pas encore. «C’est le cas du contrat avec Total, récemment signé entre le géant pétrolier et l’Etat du Sénégal. Un contrat qui avait engendré de sérieux problèmes au niveau même du gouvernement.» S’exprimant en marge d’un Forum multi-acteurs sur le contenu local dans le secteur extractif organisé par l’Entente régionale de la coalition Pcqvp, M. Seydi dit : «Nous considérons qu’il y a beaucoup d’efforts encore à faire non seulement en termes de transparence sur toute la chaîne des valeurs, mais de façon particulière sur les contrats avec certaines compagnies. Il faut que l’Etat puisse allez dans le sens de publier ces contrats pour que toutes les compagnies soient traitées au même titre.» Rappelant que «la question de la transparence de façon générale sur toute la chaîne des valeurs constitue l’élément moteur même du travail de la coalition ; d’où même le nom : Publiez ce que vous payez qui exprime la notion de transparence», Demba Seydi fera noter que l’approche de la Pcqvp, qui est présent dans les six régions minières du Sénégal, «est de rapprocher davantage ses actions aux communautés impactées par l’exploitation des ressources minérales». Et de plaider aussi pour que ces populations puissent profiter des ressources qui se trouvent dans leur localité, afin de pouvoir se prendre en charge correctement.

Promouvoir le «contenu local»
A la question de savoir comment mieux préparer ces populations des zones impactées face aux conséquences négatives de l’exploitation de ces ressources, l’acteur de la société civile trouve la réponse dans ce qu’il appelle «le contenu local». Lequel est «un mécanisme qui nous permet aujourd’hui de mobiliser davantage de profits à l’endroit des communautés qui sont directement impactées et même d’autres qui ne le sont pas à travers le Fonds de péréquation qui est consacré par les différents Codes miniers et pétroliers. Mais aujourd’hui, l’idée c’est de voir comment ces communautés devraient se préparer à pouvoir aussi affronter ces compagnies en termes de formation». Il fera remarquer que «généralement les compagnies nous opposent le déficit de formation qualifiante pour son personnel local. Mais aujourd’hui on va dans le sens de promouvoir cette formation qualifiante et qui pourrait être parrainée d’une part par les compagnies à travers des actions Rse (Responsabilité sociétale d’entreprise), mais aussi des clauses contractuelles qui permettraient aux populations de pouvoir bénéficier d’une formation qui leur permettrait demain de bénéficier des emplois de haut niveau dans ces différentes compagnies là». Il ajoute : «Au-delà, il y a d’autres mécanismes à travers le contenu local qui sont : la fourniture de services ou la sous-traitance, mais également les redevances et taxes au niveau local qui pourraient être reversées directement aux collectivités locales impactées pour pouvoir leur permettre d’émerger à travers ce qu’elles peuvent mobiliser à travers les compagnies minières et pétrolières.»
Revenant sur le forum multi-acteurs sur le concept «contenu local» qui a regroupé d’éminents experts en ressources minérales et des participants venus de toutes les zones minières de la région de Thiès, Abdou Aziz Diop, coordonnateur de l’Entente régionale de la coalition Pcqvp, déclare : «On veut promouvoir l’emploi local qualifiant, mais également le développement des Pme/Pmi autour de l’exploitation minière, parce que ce qu’on voit, souvent les mines comme le gaz et le pétrole qui sont des hydrocarbures ne sont pas des compétences transférées. Et les collectivités qui les abritent vivent souvent les externalités négatives, mais les retombées sont souvent minimes.» Pour dire, selon lui, à travers ce contenu local qui est promu dans beaucoup de pays, notamment en Angleterre, au Congo, Ghana, «ça va permettre de développer un tissu industriel local, mais également de régler le problème du chômage et du sous-emploi des jeunes dans ces zones minières».

nfniang@lequotidien.sn

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