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Fraichement revenu des Jeux de la Franco­phonie avec sa médaille de bronze autour du cou, Mohamed Mbougar Sarr nous a parlé de son deuxième roman qu’il intitule Silence du chœur. Paru aux éditions Présence Africaine le 28 juillet dernier, ce roman de 415 pages, aborde la question très actuelle de l’immigration en Europe. Le livre, qui n’était jusque-là pas commercialisé à Dakar, le sera dès ce mois de septembre, informe son auteur.

Dans son second roman, Silence du chœur, Mohamed Mbougar Sarr aborde la question des refugiés sur le continent européen. La quatrième de couverture du roman renseigne de manière plus détaillé de quoi il s’agit. Ils sont aux nombre de 72 hommes à arriver dans un bourg de la campagne sicilienne. A l’époque, on les appelle «immigrés»,  «réfugiés» ou «mi­grants». A Altino, ils sont surtout les ragazzi, les «gars» que l’association Santa Marta prend en charge. Mais leur présence, nous dit l’auteur, bouleverse le quotidien de la petite ville. En attendant que leur sort soit fixé, les ragazzi croisent toutes sortes de figures : un curé atypique qui réécrit leurs histoires, une femme engagée à leur offrir l’asile, un homme déterminé à le leur refuser, un ancien ragazzo devenu interprète, ou encore un poète sauvage qui n’écrit plus. Pour l’écrivain, chaque personnage de cette fresque, d’où qu’il soit, est forcé de réfléchir à ce que signifie la rencontre avec des hommes dont, au fond, il ne sait pas grand-chose. Tous constituent autant de regards sur une situation moins connue qu’il n’y paraît ; autant de voix désaccordées, mêlées, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à la fin,  jusqu’au silence imposé par l’ultime voix du chœur.
Voix du cœur ou voix du chœur ? L’auteur de Terre ceinte adopte finalement Silence du chœur et pour lui c’est l’occasion de toucher au fond la question très actuelle de l’immigration, mais surtout la façon dont cette immigration est vécue des deux côtés. «Il est vrai qu’on a souvent parlé des immigrés en réfléchissant un peu moins à la façon dont ils sont reçus de l’autre côté et à la façon dont les habitants européens, et pas simplement des instances ou des institutions européennes, les prennent en charge.» Et donc l’idée d’écrire ce livre a germé dans la tête de Mohamed Mbougar Sarr, à la suite d’un voyage, effectué en Sicile (Italie) à la fin de l’année 2015. Voyage au cours duquel M. Sarr a rencontré un certain nombre de jeunes gens, des «refugiés» ou des «migrants» comme on les appelle aujourd’hui. «Le fait d’avoir pu vivre avec eux quelques semaines, m’a profondément touché, alerté, fait réfléchir et m’a donné envie de leur consacrer un roman», confie-t-il.

Un roman de 415 pages
Mouhamed Mbougar Sarr a donc consacré à ces «refugiés» un roman de 415 pages, un «gros roman», lui fait-on remarquer. «En la matière, la taille n’est rien», rétorque notre interlocuteur avant de poursuivre. «Un tout petit roman peut parler d’une situation, comme un très gros roman. L’essentiel c’est de trouver les mots justes. Et pour cette situation, un roman de 415 pages n’est pas trop. C’est une situation qui mérite qu’on en parle.» Pour le moment, Silence du chœur n’est pas encore commercialisé à Dakar, ceux qui ont toutefois, pu s’en procurer en disent déjà le plus grand bien. Oumy Régina Sambou, journaliste culturelle, écrivait récemment sur sa page facebook ceci : «Je dévore en ce moment Silence du chœur, le deuxième roman de Mou­hamed Mbougar Sarr, il était très attendu. Il confirme tout le bien qu’on pensait de lui.» Les friands de lecture pourront le trouver dès ce mois de septembre dans toutes les librairies de Dakar, informe l’auteur Mouha­med Mbougar Sarr.
aly@lequotidien.sn

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