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«Excusez ! Je suis wolof», c’est le titre du tout nouveau roman que Saër Ndiaye vient de faire paraitre aux éditions du Net. Dans ce roman, l’auteur, qui a longtemps vécu en Côte d’Ivoire, part de son expérience pour aborder cette  forme de rejet et d’exclusion sociale, que subissent les Africains dans des pays africains. Roman autobiographique, «Excusez ! Je suis wolof» mêle tout à la fois humour, paradoxe et provocation.

Le personnage principal du roman et sa femme, appartiennent à deux pays, deux sociétés et deux ethnies différentes. Ils ont choisi de vivre ensemble et s’acceptent l’un l’autre. Cepen­dant on en dirait pas autant, pour la société dans laquelle ils vivent et évoluent. La société les accepte-t-elle, tel qu’ils sont ? C’est là, tout le nœud et la problématique du roman «Excusez ! Je suis wolof», de Saër Ndiaye, paru en fin mai 2017, aux Editions du Net. Son auteur, enseignant, journaliste et actuel directeur éditorial aux Editions Nègre international, porte à travers son livre, un regard critique sur les deux sociétés dans lesquelles il a vécu à savoir celles sénégalaise et ivoirienne. «Je suis sénégalais mais j’ai grandi hors du Sénégal. Quand je suis revenu au Sénégal, les gens ont eu cette attitude à mon égard. Même dans ma propre famille, c’était pareil. En Côte d’Ivoire, quand je ne voulais pas faire certaines choses, je me refugiais derrière cette boutade : Excusez ! Je suis wolof ! Arrivé ici j’étais encore obligé de préciser que je suis wolof et pas un niakk.» «Excusez ! Je suis Wolof», est donc en quelque sorte ce roman autobiographique dans lequel l’auteur dévoile un coin de sa personne tout en abordant des thématiques qui lui sont chères, notamment le mariage, l’intégration, l’éducation, le rejet, l’exclusion,…
Il s’appesantit sur ces deux derniers points et relève ce malaise auquel sont confrontés ces personnages considérés comme étrangers : «Je parle de l’exclusion ; au risque de dire que c’est du racisme, j’essaye même d’expliquer la chose parce qu’il y a beaucoup d’explications. Par exemple un wolof quand il dit sama naar bi, sama peulh bi, ces gens s’énervent, mais en réalité, ce n’est pas tant du racisme qu’une manière de se moquer gentiment», explique-t-il.  Bou­tade ou provocation, ce livre met le point sur une pratique bien courante au Sénégal : Tous les étrangers, qui parlent un français avec un accent douteux, sont considérés comme des «niakk». Saër se sert de son humour pour critiquer, tourner en dérision,  tout gentiment ceux-là. Autant il s’étonne, s’interroge et promène son regard dans  l’univers de son personnage qui, tout comme lui en Côte d’Ivoire, se déclare wolof et ici (Ndlr, au Sénégal), a encore besoin de se déclarer wolof.  Il cherche sans doute,  une place dans deux sociétés, dans deux sociétés où on le considère comme étranger. Mais cette «double nationalité», n’a pas que des inconvénients ! Dans la mesure où elle permet à l’auteur du roman d’avoir suffisamment de distance par rapport aux deux sociétés pour aborder la question avec ce regard extérieur.
«Je suis wolof mais je suis en même temps capable d’analyser la société wolof. J’ai grandi parmi les Ivoiriens et je suis capable de critiquer la société ivoirienne», explique-t-il fièrement. «Excuse ! Je suis wolof», disponible sur commande aux Editions du Net, sera dédicacé d’ici le 13 juillet prochain, espère fermement son auteur.

aly@lequotidien.sn

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