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Si certains ont du mal à poursuivre deux lièvres en même temps, Pierre Gnoungane Diène, lui, n’éprouve aucune difficulté à le faire. Dans son premier essai titré «Exemple de développement du Sénégal» et publié en février dernier chez Edilivre, le jeune infirmier de 32 ans montre à suffisance son intérêt pour les questions liées à l’économie et au développement. Dans ces 56 pages, il parle surtout droit et économie et accroche ses lecteurs en proposant un modèle pour sortir son Sénégal du sous développement.

Qui a dit que les questions de développement sont l’apanage des seuls économistes ? Pour répondre à cette question, l’infirmier Pierre Gnoungane Diène rejoint Blaise Pascal : vérité en-deçà des Pyrènes, erreur au-delà. Dans son livre-essai Exem­ple de développement du Séné­gal, M. Diène parle bien économie. Prétentieux, croiront certains, mais pour ce jeune auteur, c’est une modeste contribution face aux multiples défis de développement auxquels le Sénégal doit répondre. En 2008, lors des ces différents stages à l’intérieur du pays (Thiès, Saint-Louis, Kaolack), il a découvert le visage hideux des localités. Ces pérégrinations ne l’ont pas laissé insensible. «Je prenais à chaque fois le soin de mentionner dans un petit carnet les différents problèmes que je voyais, et qui avaient parfois pour noms : insalubrité, manque d’infrastructures sanitaires…», raconte-t-il. De fil en aguille, Pierre, qui s’est découvert une passion pour l’écriture, s’est laissé aller à l’essai. Et dans son Exemple de développement du Sénégal, il s’inspire des 14 besoins fondamentaux théorisés par l’infirmière américaine, Virginia Hen­derson, pour proposer son mo­dèle de développement pour le Sénégal.
«Pour se développer, il y a des besoins vitaux à assurer d’abord. Chaque être humain a besoin de respirer, de boire et de manger, d’éliminer, de dormir, de se mouvoir, de se vêtir et se dévêtir, d’être propre…». Outre ces besoins fondamentaux, le modèle de Pierre Gnoungane Diène s’inspire aussi du relais 400 mètres chez les athlètes et préconise surtout un triple changement : changement de mentalités, changement de la Cons­titution et changement du système éducatif. «J’entend souvent les gens dire que l’agriculture est la base du développement. Mais je pense que même si le Sénégal est autosuffisant, il ne peut pas se développer sans un changement de mentalités.» Ce changement de mentalités, l’auteur l’attend des populations, mais aussi des dirigeants et hommes politiques qui, comme les athlètes au relais 400 mètres, se passent le témoin. «La première équipe, c’est celle du développement. Et la seconde, celle de la pauvreté. Les athlètes, je les compare aux candidats à la Présidentielle qui vont en campagne. Et celui qui remportera la course mènera la course du développement», schématise-t-il.
Pour ce qui est de la Cons­titution, Pierre Gnoungane Diène estime qu’elle doit être révisée parce que n’étant plus en phase avec notre époque. De même que le système éducatif qui, trouve-t-il, ne colle pas au modèle de développement sénégalais. «Il y a des matières essentielles comme l’éducation sexuelle, l’éducation familiale qu’on n’enseigne pas à l’école… Au lieu d’enseigner aux enfants le modèle économique chinois, japonais, brésilien pourquoi ne pas leur proposé celui sénégalais ? Pour se développer, il faut connaître son pays», lance-t-il à l’endroit des autorités qu’il invite à adhérer à sa campagne Ieccc (Information, éducation, communication pour un changement de comportements).
aly@lequotidien.sn

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