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Le dernier ouvrage du Pr Abdou Salam Sall est un miroir promené au sein des universités africaines pour relever les principaux besoins afin de redéfinir les choses en vue de leur rayonnement, selon les standards internationaux.

Bien qu’il ait quitté l’université pour faire valoir ses droits à la retraite, Pr Abdou Salam Sall continue de réfléchir sur l’enseignement supérieur. Soucieux de l’éclosion des universités africaines et nationales, l’ancien recteur de l’Ucad s’est investi dans des productions pour promouvoir la bonne marche des universités africaines et de leur rayonnement au niveau international. Après son premier ouvrage intitulé «Les mutations de l’enseignement supérieur en Afrique : le cas de l’université Cheikh Anta Diop», le professeur de Chimie a publié un 2e ouvrage sur «La gouvernance universitaire : une expérience africaine», après avoir participé à la rédaction du livre «Flagshhip Universites in Africa».
Cet ouvrage de près de 200 pages met en exergue les besoins réels des universités africaines, qui ont du mal à décoller. «Nous sommes dans une société marquée par l’économie de la connaissance  qui n’est rien d’autre que  la part de l’immatériel dans chaque produit, dans chaque processus, dans chaque action», analyse M. Sall. En tenant compte de toutes les connaissances qu’il y a dans les systèmes d’enseignement supérieur, il est urgent de trouver, estime Abdou Salam Sall, les moyens «de savoir comment ces systèmes doivent être gérés en Afrique». A l’en croire, «il ne revient pas aux seules académies du point de vue de la structure de gouvernance des établissements, de diriger ou aux personnalités du secteur privé comme le veut le nouveau management public dans l’enseignement supérieur, de constituer les conseils d’administration et de définir les orientations». C’est dans ce sens qu’il a relevé dans son ouvrage toutes ces questions à «l’aune de l’Afrique et à l’aune des bonnes pratiques au niveau du monde entier». L’enseignant à la retraite pense aussi que «chaque société devra organiser la synergie entre les membres de la société et celle académique pour gouverner l’enseignement supérieur».
Dans la conclusion du livre, il a invité toutes les universités sénégalaises à intégrer le nouveau management public où les conseils d’administrations seront composés des conseils extérieurs et intérieurs. En appelant à la compréhension des tenants et des aboutissants, M. Sall a cherché à «éclairer tout le monde, les parlementaires et les gouvernants» sur les préoccupations des universités. «Ma position dans l’ouvrage, c’est que l’Afrique offre l’enseignement supérieur par la décolonisation. Nous n’avons pas suffisamment internalisé, nous n’avons pas défini les règles selon nos propres prismes, il faut qu’on définisse les règles selon nos propres prismes et qu’on mette les fondations parce que malheureusement, on ne pourra pas développer l’enseignement supérieur dans la durée, mais les générations à venir auront le temps pour construire sur quelque chose de solide», croit-il.
justin@lequotidien.sn

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