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Dans son essai de 156 pages «La source bilatérale suivi de la riposte», le vieux  Saloum Sadiakhou retrace l’histoire de l’humanité marquée par les atrocités commises par l’homme blanc à travers la traite négrière. Longtemps à la quête d’un éditeur, il a fini par trouver sa chance avec «Abis éditions» par le truchement du ministère de la Culture et de la communication.

Le gouverneur de la région de Kédougou, William Manel, et le directeur du Livre et de la lecture du ministère de la Culture et de la communication, le représentant de «Abis éditions» entre autres ont salué, lors de la cérémonie de dédicace de son ouvrage, à l’unanimité, la prouesse et le talent de l’auteur Saloum Sadiakhou, auteur du livre La source bilatérale suivi de la riposte. Qui, dans un style senghorien, un verbe facile et limpide, bien agencé et articulé, a tenu en haleine toute l’assistance lors de sa prise de parole. La publication de ce livre est le fruit de plusieurs années de travail. Venu représenter le ministre de la Culture et de la communication, le directeur du Livre et de la lecture, M. Ibrahima Lo, a affirmé être animé d’un sentiment de «fierté» et de «reconnaissance».  A l’en croire, «on n’a passé un ¼ de siècle pour «décou­vrir» la valeur des hommes de ce pays. Nous sommes dans la région de Kédougou «difficile d’accès» où vivent des hommes et des femmes de valeur. Dont fait parti Saloum Sadiakhou. Qu’à cet âge, qu’il ait pu garder la confiance et avoir la patience, mais surtout la géné­rosité de rendre à ce pays ce qui peut lui apprendre au soir d’une vie que nous lui souhaitons encore longue».
Et au-delà de Saloum Sadia­khou, il s’agit d’un appel des profondeurs parce que le pays compte en patrimoine imma­tériel. Il convient aujourd’hui, selon lui, de «préserver», de «sauvegarder et valoriser» celui-ci. «C’est la leçon que je tire personnellement de cet évènement», renchérit le directeur du Livre et de la lecture. Venu présider la cérémonie, le gouverneur de région, William Manel, a laissé entendre que la parution de ce livre est le «fruit» d’un long processus «matérialisé» par la volonté du ministre de la Culture et de la communication, Mba­gnick Ndiaye, par ailleurs auteur de la préface du livre La source bilatérale suivi de la riposte. Le gouverneur rappelle avoir «fait part» au ministre de la Culture «des manuscrits du sieur Sadiakhou qu’il m’avait promis d’éditer» lors de son déplacement dans la région en 2015, à l’occasion du Festival des ethnies minoritaires de Kédougou. Cons­tatant que cette promesse étant tenue, William Manel apprécie la qualité de l’œuvre, mentionnant qu’il est à la «dimension de l’homme». A en croire l’auteur Manel, Saloum Sadia­khou est un symbole de «sages­se», de «courage», de «patience» et de «persévé­rance».

L’auteur et son œuvre
Sadiakhou, en bon passionné d’écriture, écrit depuis plusieurs décennies. Il a plusieurs manuscrits à son actif. Des écrits qui font l’objet de beaucoup de promesses d’édition. Mais, sans succès. Agé de plus de 80 ans, le destin lui sourit avec l’édition de son premier ouvrage par les éditions «Abis» avec l’appui du ministère de la Culture et de la communication. L’auteur de «La source bilatérale suivi de la riposte», confie qu’il aime la lecture et écrit depuis sa tendre jeunesse. Dans son ouvrage qui vient d’être publié par l’édition «Abis», Sadiakhou fait voyager le lecteur à travers le récit, la poésie, la philosophie et la sociologie. Il repeint la valeur humaine et convie à la dignité de l’être, notamment le «nègre». Il prône le retour, la valorisation et la revalorisation de nos valeurs, de la civilisation ancestrale. Aussi, il s’offusque du comportement de l’homme blanc et sa politique sur l’exploitation, l’expropriation à outrance des richesses de notre continent. Sadiakhou appelle également à la riposte pour un éveil de conscience, une meilleure considération du peuple noir pour mieux appréhender les défis de l’heure. Il faut dire qu’à cet âge, l’auteur a compris ce que la jeunesse actuelle en déroute tarde à comprendre.
M. Sadiakhou a confié être en train de travailler sur un prochain livre qu’il inti­tulera  Modèle de révolution. Atteint lui-même de cécité, l’auteur dit dans son bouquin : «La comparaison ne se situe pas dans la gloire de l’Art moins encore dans l’analogie thématique. Elle se manifeste plutôt par la passion d’écrire dans les ténèbres immuables de la cécité…. » La cérémonie de dédicace de cette œuvre a pris fin par une vente du livre sur place. La maison d’édition a renoncé à tout profit sur la vente du livre. Toutes les recettes sont reversées directement à l’auteur.
msdiallo@lequotidien.sn

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