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L’eau est source de vie, a-t-on coutume de dire. Dans la région de Diourbel, c’est le contraire. L’eau n’est pas source de vie. Et pour cause, note Baboucar Ndiaye, maire de la commune de Ngogom, une localité située dans le département de  Bambey, «l’eau n’est pas source de vie. Beaucoup de générations ont souffert de la qualité de l’eau et continuent de l’être, parce que les taux de salinité et de fluor sont très élevés». Des propos confirmés par NDiamé Diop, directeur du Contrôle de l’exploitation de l’Office des forages ruraux : «Si on regarde les normes de l’Oms, l’eau des régions de Diourbel, Fatick et Kaolack ne devrait plus être utilisée par les populations. Elle pose un problème de santé publique.» A sa suite, un agent du Service d’hygiène sous couvert de l’anonymat, lors du Comité régional de développement, consacré à la présentation de la réforme des forages avec la mise en délégation confiée à l’Aqua­tech,  confie : «Des puits ont été fermés à Diourbel à cause de l’ammoniac décelé. Le programme de l’Unicef pour l’analyse de l’eau de puits de Diourbel est terminé. Et à ce jour, aucune nouvelle initiative n’a été prise.» Inter­pellé sur la qualité de l’eau, Baye Diop, directeur général d’Aqua­tech Sénégal,  annonce les actions que sa structure va faire : «Nous allons produire de l’eau de qualité. Il y aura un contrôle permanent avec la signature de contrat avec l’Isra et l’Institut Pasteur pour la qualité de l’eau. Les conducteurs seront dotés de kits.» Aquatech Sénégal qui est une filiale d’Aquatech international, si l’on se fie aux propos de son directeur général, va créer un centre de formation à Diam­niadio, et va s’appuyer sur l’expertise nationale avec la remise à niveau des installations, la mise en place d’un service continu avec une dotation d’une meilleure qualité de l’eau, en optant pour le système de transfert de l’eau. La mission ne sera pas aisée, parce qu’Aquatech a trouvé, d’après son directeur général, «des installations dans un état catastrophique. Cer­taines sont à l’arrêt depuis longtemps».

Les tarifs en question
Au cours de cette rencontre qui s’est tenue à la gouvernance de Diourbel, il a été beaucoup question du tarif de l’eau. Des maires comme François Fall de Ngohé diront leurs craintes à ce sujet, parce qu’«un tarif commun par région sera un problème. Les localités ont des spécificités». Interpellé sur ce sujet, Ndiamé Diop, directeur du Contrôle de l’exploitation, répond : «Tarif fixé par arrêté ministériel, c’est pour avoir un système de péréquation que le tarif de l’eau a été uniformisé dans chaque région. En dehors de Touba, tous les forages de la région sont concernés.» Au cours de cette rencontre, Ibrahima Mbaye, chef du service régional de la Brigade des puits et forages, a demandé à l’Ofor et Aquatech de hâter le pas. Cette réforme, laissera-t-il entendre, est faite parce que l’Etat veut corriger une inégalité. A ce propos, explique Ndiamé Diop, «on a noté que 75% des Asufor ne sont pas en conformité avec les textes (absence de renouvellement des bureaux qui devait se faire tous les deux ans), une opacité dans la gestion financière (seuls 9% des Asufor tiennent une comptabilité), peu de délégations de services (78% des Asufor ne font pas recours à un gérant), pas d’implication des Collectivités locales, une mauvaise qualité des services. Avec cette réforme, une allocation d’une taxe hydraulique sur la vente de l’eau sera remise aux Collectivités locales. Pour le tarif, il sera  à la portée des populations».
badiallo@lequotidien.sn

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