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Sans nul doute, la science est un enjeu majeur pour l’économie et pour la société, par conséquent nous devons investir beaucoup dans les mathématiques plutôt qu’autre chose. Les mathématiques permettent d’appréhender, et parfois de résoudre, la plupart des problèmes auxquels l’Afrique est confrontée. Il est impossible de parler de développement sans les mathématiques, en effet nous en avons besoin, pour développer des technologies modernes dans les domaines des télécoms, des satellites, de la médecine, de l’épidémiologie, de l’urbanisme ou même de l’organisation du travail.
De nos jours le chemin entre théorie et valorisation peut être bien plus rapide : un exemple bien connu est celui de Google, devenu en quelques années un des acteurs majeurs de l’internet et de l’économie. Son succès est dû au départ à la découverte d’un algorithme mathématique plus performant que les autres.
La mathématicienne tanzanienne Angelina Bijura, qui a fondé Inspire Secondary School, une école pour promouvoir l’enseignement des mathématiques en Tanzanie, assure que ces dernières sont aussi un rempart contre la tentative de prendre des décisions sous la pression du rythme frénétique des événements. «Apprendre les mathématiques, c’est aussi apprendre à s’arrêter pour réfléchir à un problème avant d’agir», souligne-t-elle. Elle ajoute que l’enseignement des mathématiques, surtout dans les pays en voie de développement, est important pour éviter un fossé des connaissances avec les pays industrialisés.
Le Sénégal, comme les autres pays d’Afrique, souffre du faible nombre de bacheliers scientifiques. En effet, il ne fait aucun doute qu’avec un plus grand nombre de scientifiques, le pays tournerait mieux, et ceci demande de multiplier les écoles scientifiques comme le Lycée Scientifique d’Excellence de Diourbel, comme l’Aims Sénégal : The African Institute for Mathematical Sciences et d’avoir des enseignants bien formés. En réalité, pour être efficace, le développement des mathématiques doit s’effectuer dans tous les niveaux : élémentaire, au collège, au lycée, à l’université et à la formation avancée…
Notre continent doit produire des scientifiques qui répondent aux besoins de ses sociétés, des scientifiques nouveaux pour les besoins présents et à venir. Il doit aussi contribuer aux grandes questions de l’humanité : les questions liées à la technoscience, aux écologies, aux économies, au réchauffement climatique, etc. Il y a de grands défis pour que le continent reprenne sa place dans ce monde dominé par la science ; et surtout ne plus se considérer juste comme un consommateur de savoirs et de technologies produits ailleurs.
En outre, il faut qu’on sache que  «celui que l’on aide un jour est celui qui nous aide plus tard». Croyons à nos scientifiques et continuons à les accompagner, à les motiver et à les encadrer jusqu’à ce qu’ils soient productifs mais pas qu’ils amplifient davantage la fuite des cerveaux. Nous ne devons pas perdre ces ressources humaines c’est-à-dire nos scientifiques, en Afrique, nous avons besoin de ces cerveaux pour sortir de ce sous développement. Contrairement aux ressources naturelles que l’on épuise quand on les exploite, les esprits s’enrichissent quand on y puise. C’est dans ce sens que l’écrivain Amadou Hampathé Ba déclarait : «Le savoir est l’unique fortune qu’on peut donner entièrement sans en rien la diminuer.»
Enfin, pour se prémunir contre l’échec, il apporte de s’inspirer de l’exemple des autres pays, partout dans le monde, de suivre nos étudiants que nous envoyons à l’étranger, à qui nous donnons des bourses, pour qu’ils retournent au bercail et servent le continent, ensuite mettre en place des structures de gouvernance et de pilotage scientifique bien adaptées au contexte et savoir de quoi a besoin un mathématicien , un scientifique pour être utile dans la société.
Matar DIADIOU
Professeur de Mathématiques
au lycée de Diohine (Fatick)
diamakhou@gmail.com

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