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Il est sans conteste que depuis l’arrivée du Président Macky Sall au pouvoir, des progrès notables ont été enregistrés dans le domaine de l’agriculture (culture du riz, de l’ognon, de la pomme de terre, etc.), donc une progression appréciable de la production et de la consommation des produits de base locaux.
Egalement dans le domaine de l’élevage, on note la construction de nouveaux ranchs à l’image de celui de Dolly pour permettre la collecte en grande masse de la production laitière et ainsi permettre de tendre vers une autosuffisance en lait, si l’on sait que la facture laitière est très importante dans notre balance commerciale. Nous notons aussi que des subventions importantes ont été accordées aux éleveurs pour la survie et le développement du cheptel lors des intempéries en 2015 et 2017.
Ces politiques mises en avant pour une autosuffisance dans la filière laitière sont à saluer. Cependant, il faudrait que l’Etat diminue la pression fiscale dans ce domaine et dans tous les autres domaines pour augmenter le nombre d’entreprises et ainsi se rattraper sur l’assiette fiscale qui sera plus importante. L’industrie laitière est confrontée à la rude concurrence de l’importation des produits comme le lait en poudre (qui n’a pas de valeur nutritive comme le lait en boîte produit ici au Sénégal), qui coûte moins cher alors que celui de la filière nationale est taxé à plus de 26%.
Egalement sur le Plan du développement des infrastructures dans le monde rural, l’expérience avec le Pudc (directeur Cheikh Diop à féliciter) est à saluer et à terme, l’exode rural va s’atténuer avec le développement des localités.
Dans le domaine du sous-secteur de l’électricité, il y a un rattrapage important dans le gap en matière d’investissements, particulièrement dans les infrastructures de transport et de distribution de l’énergie et au niveau du commercial, avec les compteurs Woyofal qui ont permis à Senelec de régler en partie ses problèmes de trésorerie. Ainsi, une meilleure qualité de services a été notée sous l’impulsion du nouveau directeur général qui, avec ses qualités de générosité et d’ouverture, a su mobiliser les travailleurs pour relever les défis.
Seulement, l’Etat doit respecter le paiement régulier des factures de consommation d’énergie des ministères et des collectivités locales (étant le premier client de Senelec en termes de chiffres d’affaires), comme stipulé dans les articles 7 et 8 du Contrat de performance liant l’Etat du Sénégal à la Senelec, sinon à terme Senelec ne pourra plus honorer ses dettes vis-à-vis de la Sar via le Fse (Fonds de sécurisation de l’énergie) et la conséquence peut être le retour des délestages pour manque de combustible.
Sur le plan fiscal, il faut diminuer la Tva sur les denrées de première nécessité (riz, huile, lait, sucre, tomate etc.). Il est vrai que des efforts ont été faits par le gouvernement de Macky Sall sur le gaz, l’électricité, mais il faut desserrer l’étau, car les salariés paient 33% sur le salaire direct et 18% sur les produits ; ce qui fait 51% des revenus. Il faut baisser jusqu’à 5% et taxer fortement les produits de luxe, car trop d’impôt tue l’impôt. C’est valable pour les entreprises de produits agricoles fortement concurrencées par les produits venant de l’extérieur, qui sont subventionnés par les pays étrangers, comme pour le lait.
Sur le volet création d’entreprises par les étrangers dans notre pays, l’Etat doit s’inspirer de l’exemple du Maroc qui exige une participation des nationaux à hauteur de 51% dans le capital de ces sociétés et fixe un niveau pour le rapatriement des bénéfices par les étrangers. Mais pour cela, il faudrait des hommes d’affaires sénégalais engagés pour le développement de leur pays, qui acceptent de prendre le risque d’investir dans des domaines autres que l’immobilier.
Il est vrai que nous avons aussi des capitaines d’industries sénégalais dans notre pays, mais il n’y en a pas beaucoup, ou bien la confiance manque toujours pour qu’ils puissent faire des joint-ventures et monter de grandes entreprises ensemble.
Sur le débat concernant l’indépendance de la justice, je crois que c’est un faux débat, les magistrats du siège sont indépendants et jugent en toute conscience. Maintenant, si certains acceptent que l’Exécutif leur donne des ordres pour qu’ils conservent leur «fauteuil» ou des privilèges, c’est leur responsabilité et demain, comme tous les hommes, ils seront devant le tribunal d’Allah, le Tout-puissant. Il y a bel et bien des magistrats honnêtes qui appliquent les règles d’équité et de justice, comme Mansour Mbaye qui a jugé l’affaire Etat du Sénégal contre Sutelec (Syndicat unique des travailleurs de l’électricité) en 1998, sous le magistère de Abdou Diouf, en toute transparence malgré les pressions de tous bords, et nous lui rendons hommage. C’est un homme juste, pétri d’équité et de transparence. Donc, que chaque juge prenne ses responsabilités et qu’il y ait reddition des comptes pour les détourneurs de deniers publics. Quel que soit alpha, personne ne pourra échapper à la justice divine.
Il faudrait aussi, pour une meilleure gouvernance, la conservation et la pérennisation des acquis, régler la problématique qui se situe à deux niveaux :
Celle des gouvernants qui doivent gérer suivant des valeurs d’équité, de justice, de transparence et d’engagement pour leur pays et pour l’Afrique. Servir et non se servir.
Celle au niveau des familles, consistant en l’éducation des enfants suivant les valeurs de justice, d’équité et d’engagement envers leur communauté, en fait les valeurs qui étaient pratiquées par nos ancêtres et qui prennent leur ancrage dans la religion.
En cela, nous avons des leçons à tirer du système de gouvernance de Thierno Souleymane Baal et aujourd’hui dans le monde moderne, des Anglos Saxons qui ont érigé des sociétés modernes basées sur ces valeurs et cela marche. Ils ne sont pas plus intelligents que nous, mais ont accepté de gérer avec des valeurs et de sanctionner en cas de faute.
Mais malheureusement au Sénégal, nous développons aujourd’hui des contre-valeurs et toutes les relations sont basées en général sur l’argent, le paraître qui entraînent les détournements de deniers publics, la gestion partisane et j’en passe. Les Sénégalais ont des problèmes avec l’argent, du petit ouvrier (plombier, menuisier, maçons, etc.) au cadre d’entreprise ou fonctionnaire, on ne respecte jamais les engagements et on croit qu’on est toujours plus malin dans la roublardise.
Et nous sommes un pays à 99% de pratiquants, mais les comportements ne suivent pas. C’est cela le plus grand danger qui guette les fondements de la Nation et il faudrait, pour combattre ce fléau, que les femmes qui sont mères et premières éducatrices en soient conscientes. Et qu’elles soient en première ligne. Notre combat, ce n’est pas de se bousculer pour des postes de responsabilité, mais d’abord de lutter pour une éducation de valeur pour nos enfants (avec les hommes à côté) et ainsi les enfants éduqués seront les sentinelles contre la gabegie et tout autre dérive des politiciens véreux.
Egalement, l’émiettement de nos petits Etats du fait du colonisateur, ne permet un développement véritable (en cela Manantalli et le Wapp constituent de beaux exemples de la solidarité africaine). Il faut les grands ensembles comme la Cedeao, l’Uemoa, l’Ua véritable, pour sortir nos pays du pillage des Nations colonisatrices. Aucun pays, aucun politicien, quelle que soit sa volonté, ne peut venir à bout de tous ces fléaux. Il faut nécessairement reprendre l’éducation et l’engagement des citoyens avec l’aide du Tout-puissant pour prétendre à l’équilibre et donner à chacun et chacune les moyens de vivre dignement. Pour finir, je vous renvoie à la Sourate 13 du Saint Coran, verset 11, traduit en français, je cite : «L’homme a par-devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah. En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un Peuple tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. Et lorsqu’Allah veut infliger un mal à un Peuple, nul ne peut le repousser. Ils n’ont en dehors de lui aucun protecteur.»
Enfin, un appel au Président Macky Sall pour un engagement davantage dans les projets sous-régionaux et régionaux africains, car les micros-Etats ne peuvent construire un développement véritable. Nous avons toutes les richesses, mais c’est l’engagement qui manque, chacun veut développer son clan, sa famille, ses courtisans, et sans une rupture véritable au sein des familles, nous ne pourrons pas nous défaire du carcan que nous ont imposé les pays colonisateurs, avec l’aide de nos propres frères.
Citoyenne Haby DIENG FALL

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